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	<title>Richer &amp; Associés Droit Public</title>
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	<description>Avocats de terrain experts en droit public - Paris, Saint-Cloud, Val d&#039;Oise</description>
	<lastBuildDate>Wed, 05 Aug 2026 15:20:17 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Absence des élus en période estivale : comment sécuriser la continuité juridique de votre collectivité ?</title>
		<link>https://richeravocats.fr/absence-des-elus-en-periode-estivale-comment-securiser-la-continuite-juridique-de-votre-collectivite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sarah Meyer]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 15:20:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Collectivités territoriales & intercommunalité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque été, les collectivités publiques sont confrontés à la même équation : les congés des élus se superposent à des dossiers qui, eux, ne s&#8217;arrêtent pas. Permis de construire à instruire, marchés publics à notifier, arrêtés de police à prendre, décisions de gestion des agents à signer. La question posée aux directions générales et aux&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/absence-des-elus-en-periode-estivale-comment-securiser-la-continuite-juridique-de-votre-collectivite/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Absence des élus en période estivale : comment sécuriser la continuité juridique de votre collectivité ?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Chaque été, les collectivités publiques sont confrontés à la même équation : les congés des élus se superposent à des dossiers qui, eux, ne s&rsquo;arrêtent pas. Permis de construire à instruire, marchés publics à notifier, arrêtés de police à prendre, décisions de gestion des agents à signer. La question posée aux directions générales et aux secrétariats généraux est toujours la même : <strong>qui signe valablement pendant l&rsquo;absence du maire, du président ou d&rsquo;un vice-président</strong> ? La réponse est double : la suppléance de droit d&rsquo;une part, la délégation de fonctions d&rsquo;autre part. Les confondre expose la collectivité à un risque contentieux majeur — l&rsquo;incompétence de l&rsquo;auteur de l&rsquo;acte.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La suppléance de droit : un mécanisme automatique qui ne nécessite aucun arrêté</strong></h2>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Communes : l&rsquo;article L. 2122-17 du CGCT organise déjà le remplacement du maire absent</strong></h3>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le point de départ est textuel. Aux termes de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006389936">article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales</a>&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En cas d&rsquo;absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l&rsquo;ordre des nominations et, à défaut d&rsquo;adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l&rsquo;ordre du tableau. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La suppléance joue donc&nbsp;<strong>de plein droit</strong>, sans arrêté, sans délibération et indépendamment de la volonté de l&rsquo;élu empêché. Le suppléant exerce l&rsquo;intégralité des attributions du maire, et non un champ limité. Une collectivité qui prendrait un « arrêté de suppléance » pour l&rsquo;été ajouterait une formalité que la loi n&rsquo;exige pas.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>EPCI, communautés de communes et d&rsquo;agglomération : le renvoi de l&rsquo;article L. 5211-2 du CGCT</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme n&rsquo;est pas propre aux communes. L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006392787">article L. 5211-2 du CGCT</a>&nbsp;rend les dispositions précitées relatives au maire et aux adjoints applicables « au président et aux membres du bureau des établissements publics de coopération intercommunale, en tant qu&rsquo;elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent titre » (seuls les deuxième à quatrième alinéas de l&rsquo;article L. 2122-4 étant exclus).&nbsp;</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conseil pratique : documenter l&#8217;empêchement de chaque élu par une fiche d&rsquo;absence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La suppléance étant automatique, la difficulté n&rsquo;est pas juridique : elle est&nbsp;<strong>probatoire</strong>. En cas de recours, la collectivité devra démontrer que le maire ou le président était effectivement empêché à la date de signature de l&rsquo;acte. Nous recommandons donc de tenir, pour la période estivale, une fiche par élu mentionnant la nature et les dates précises de l&#8217;empêchement (par exemple : congés hors de la commune, du 1er au 20 août). Ce document, conservé au dossier, constitue un élément de preuve immédiatement mobilisable devant le juge administratif.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La clause d&rsquo;absence dans les arrêtés de délégation de fonctions : une pratique validée par la jurisprudence</strong></h2>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La délégation de fonctions ne se heurte pas au régime de la suppléance</strong></h3>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Un maire peut-il organiser lui-même son remplacement estival par arrêté, alors même que l&rsquo;article L. 2122-17 prévoit déjà une suppléance ? Oui. Répondant à la question écrite n° 22898, le&nbsp;<a href="https://www.senat.fr/questions/base/2000/qSEQ000222898.html">ministère de l&rsquo;Intérieur (JO Sénat du 6 avril 2000, p. 1282)</a>&nbsp;a rappelé, sur le fondement d&rsquo;un arrêt de principe du Conseil d&rsquo;État (18 mars 1955, de Perretti, Lebon p. 163), que :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« l&rsquo;organisation de la suppléance par l&rsquo;article L. 2122-17 du code général des collectivités territoriales, en cas d&rsquo;absence ou d&#8217;empêchement du maire, ne fait pas obstacle à ce qu&rsquo;un maire, devant se trouver éloigné de sa commune à certains moments ou pendant une certaine période, use des pouvoirs que lui donne l&rsquo;article L. 2122-18 afin d&rsquo;accorder des délégations à un ou plusieurs de ses adjoints »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041410795">article L. 2122-18 du CGCT</a>&nbsp;constitue le support de cette délégation de fonctions, le maire étant seul chargé de l&rsquo;administration mais pouvant, sous sa surveillance et sa responsabilité, en déléguer une partie par arrêté.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le juge administratif admet expressément la délégation « en cas d&rsquo;absence ou d&#8217;empêchement »</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La même cour administrative d&rsquo;appel de Marseille l&rsquo;a jugé sans ambiguïté dans l&rsquo;arrêt précité du 12 janvier 2012 :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« les dispositions de l&rsquo;article L. 2122-18 n&rsquo;ont ni pour objet ni pour effet d&rsquo;interdire au maire de déléguer une partie de ses fonctions, dans des domaines déterminés, à un adjoint particulier en cas d&rsquo;absence ou d&#8217;empêchement temporaire et de déroger, ainsi, au régime de droit commun régi par l&rsquo;article L. 2122-17 qui prévoit, dans ces circonstances, son remplacement provisoire par un adjoint choisi dans l&rsquo;ordre du tableau »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc parfaitement possible d&rsquo;intégrer, dans les arrêtés de délégation de fonctions, une clause désignant tel adjoint ou tel vice-président pour un domaine déterminé en cas d&rsquo;absence du titulaire principal.</p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les délégations en cascade sont licites, à condition de fixer un ordre de priorité</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007497896">cour administrative d&rsquo;appel de Bordeaux, dans un arrêt du 28 mai 2002 (n° 98BX00268)</a>, a posé la règle de sécurisation des délégations multiples :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« le maire ne peut déléguer simultanément les mêmes fonctions à deux adjoints ou conseillers municipaux sauf à préciser l&rsquo;ordre de priorité des personnes autorisées à agir aux lieu et place du maire dans un champ déterminé »</em></p>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Checklist de l&rsquo;arrêté de délégation estivale : l&rsquo;exigence de précision</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La collectivité optant pour la clause d&rsquo;absence dans les arrêtés de fonction doit veiller à satisfaire l&rsquo;exigence habituelle de précision de la délégation :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Un&nbsp;<strong>champ matériel précis</strong>&nbsp;: la délégation porte sur des domaines déterminés (urbanisme, police, marchés publics, ressources humaines), et non sur une habilitation générale&nbsp;;</li>



<li>Un&nbsp;<strong>cas d&rsquo;ouverture précis</strong>&nbsp;: l&rsquo;absence ou l&#8217;empêchement du titulaire, formulé sans ambiguïté (CAA Marseille, 12 janvier 2012, n° 10MA00918)&nbsp;;</li>



<li>Un&nbsp;<strong>ordre de priorité explicite</strong>&nbsp;entre délégataires successifs (CAA Bordeaux, 28 mai 2002, n° 98BX00268)&nbsp;;</li>



<li>Le&nbsp;<strong>visa de l&#8217;empêchement dans chaque acte pris</strong>&nbsp;sur le fondement de la délégation, faute de quoi le signataire peut être réputé avoir agi hors habilitation&nbsp;;</li>



<li>La&nbsp;<strong>publication et la transmission au contrôle de légalité</strong>&nbsp;de l&rsquo;arrêté de délégation.</li>
</ul>



<div style="height:35px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Conclusion : anticiper l&rsquo;été, c&rsquo;est sécuriser toute l&rsquo;année</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La période estivale n&rsquo;est pas un vide juridique : le CGCT y pourvoit. Elle est en revanche un&nbsp;<strong>révélateur</strong>&nbsp;de la qualité rédactionnelle des arrêtés de délégation d&rsquo;une collectivité. Ce sont les imprécisions — un ordre de priorité oublié, un empêchement non visé, un champ de compétence trop large qui sont censurés par le juge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément sur ce terrain qu&rsquo;un regard extérieur, rapide et opérationnel, fait la différence. Auditer le tableau des délégations avant les congés, réécrire les clauses d&rsquo;absence, bâtir un modèle d&rsquo;arrêté et une fiche d&#8217;empêchement par élu : autant d&rsquo;interventions courtes et utiles pour des actes sécurisés —&nbsp;<a href="https://richeravocats.fr/contactez-nous/">contactez-nous</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La désaffectation, condition nécessairement préalable au déclassement d&#8217;un bien du domaine public</title>
		<link>https://richeravocats.fr/desaffectation-condition-declassement-bien-domaine-public/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:43:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit des biens & domanialité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=5203</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par l'arrêt Commune de Courchevel (6 juillet 2026, n° 502005), le Conseil d'État juge que le déclassement ne vaut pas désaffectation.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/desaffectation-condition-declassement-bien-domaine-public/">La désaffectation, condition nécessairement préalable au déclassement d&rsquo;un bien du domaine public</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’Etat applique strictement les dispositions de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361323">L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>, le déclassement d&rsquo;une dépendance du domaine public ne peut, à lui seul, emporter la désaffectation du bien. Ainsi, la désaffectation demeure une condition préalable, qui doit être vérifiée de façon concrète, y compris pour les dépendances du domaine public routier et leurs accessoires.&nbsp;</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les modalités de sortie du domaine public</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l&rsquo;entrée en vigueur de l&rsquo;article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361323">L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>, la chronologie de la sortie du domaine public impose, en principe, qu’une désaffectation matérielle intégrale intervienne préalablement à la décision juridique de déclassement&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Un bien d&rsquo;une personne publique mentionnée à l&rsquo;article L. 1, qui n&rsquo;est plus affecté à un service public ou à l&rsquo;usage direct du public, ne fait plus partie du domaine public à compter de l&rsquo;intervention de l&rsquo;acte administratif constatant son déclassement</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mécanisme dual de sortie du domaine public permet de protéger l’affectation du domaine public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, pour être sûr de protéger l’affectation, la sortie du domaine public est plus complexe que l’entrée dans le domaine public,&nbsp;<a href="https://richeravocats.fr/desaffectation-materielle-declassement-juridique-sortir-bien-domaine-public/">impliquant de cumuler la désaffectation et le déclassement</a>&nbsp;:&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>ce qui justifie que le bien sorte du domaine public, c’est la désaffectation (acte factuel / matériel et même juridique). </li>



<li>mais ce qui le fait sortir effectivement du domaine public, c’est le déclassement  (acte juridique).</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">A noter que dans son arrêt du 6 juillet 2026, le Conseil d’Etat consacre formellement la désaffectation juridique autrement dit le fait que la désaffectation «&nbsp;<em>procède de l&rsquo;adoption d&rsquo;un acte ayant eu pour objet ou pour effet de supprimer cette affectation</em>&nbsp;»&nbsp;(<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054394414?dateDecision=&amp;dateVersement=&amp;fonds=CETAT&amp;page=1&amp;pageSize=25&amp;query=&amp;searchField=ALL&amp;searchProximity=&amp;searchType=ALL&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;typePagination=DEFAUT&amp;typeRecherche=date">CE, 6 juillet 2026, n° 502005</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En synthèse, dès lors que la désaffectation d’un bien du domaine public n’est pas réelle et matérielle, la délibération actant son déclassement est nécessairement illégale.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le déclassement ne peut plus valoir désaffectation</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;apport évidemment central de cet arrêt réside dans le rejet de la pratique du « déclassement valant désaffectation ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette technique résulte d&rsquo;une ligne jurisprudentielle ancienne, longtemps cantonnée au seul domaine public routier au terme de laquelle, le juge admettait la possibilité que « une décision de déclassement porte par elle-même désaffectation » avait été affirmé par le Conseil d&rsquo;État (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007928139">CE, 9 juillet 1997, n° 168852</a>&nbsp;ou encore&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000037834577/">CE, 19 décembre 2018, n° 407707</a>) et est repris par plusieurs juridictions du fond et même étendu au-delà du domaine routier (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000036039723">CAA Lyon, 16 novembre 2017, n° 16LY03824</a>).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, la difficulté de cette solution jurisprudentielle réside dans le fait que, comme exposé précédemment, depuis l&rsquo;entrée en vigueur de&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361323">l&rsquo;article L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>, la chronologie de la sortie du domaine public impose, en principe, qu’une désaffectation matérielle intégrale intervienne préalablement à la décision juridique de déclassement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sortie du domaine public se fait en deux étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dans cet arrêt, le Conseil d’Etat met un terme à cette possibilité retenant une lecture stricte des dispositions de&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361323">l&rsquo;article L. 2141-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>&nbsp;&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il résulte de ces dispositions qu&rsquo;une personne publique ne peut légalement procéder au déclassement d&rsquo;un bien faisant partie de son domaine public que si, à la date de ce déclassement, ce bien a cessé d&rsquo;être affecté à un service public ou à l&rsquo;usage direct du public, que cette désaffectation résulte d&rsquo;une situation de fait tenant à ce que le bien n&rsquo;est plus matériellement mis à l&rsquo;usage direct du public ou utilisé pour l&rsquo;exercice d&rsquo;un service public ou qu&rsquo;elle procède de l&rsquo;adoption d&rsquo;un acte ayant eu pour objet ou pour effet de supprimer cette affectation</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054394414?dateDecision=&amp;dateVersement=&amp;fonds=CETAT&amp;page=1&amp;pageSize=25&amp;query=&amp;searchField=ALL&amp;searchProximity=&amp;searchType=ALL&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;typePagination=DEFAUT&amp;typeRecherche=date">CE, 6 juillet 2026, n° 502005</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">A noter que le Conseil d’Etat ajoute que cette règle s’applique également au domaine public routier «&nbsp;<em>sauf en cas de reclassement dans le domaine public routier d&rsquo;une autre personne publique ou, s&rsquo;agissant d&rsquo;une voie communale, de déclassement en chemin rural</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État réaffirme qu&rsquo;un bien ne peut légalement être déclassé que si, à la date du déclassement, il a cessé d&rsquo;être affecté à un service public ou à l&rsquo;usage direct du public.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel(s) enseignement(s) tiré(s) de cette jurisprudence ?</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Cet arrêt consolide la distinction entre désaffectation et déclassement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sortie du domaine public suppose, <span style="text-decoration: underline;">dans un premier temps</span>, une désaffectation préalable, établie en fait ou par un acte juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="text-decoration: underline;">Dans un second temps</span>, la décision juridique de déclassement doit intervenir. Cette décision ne vaut pas désaffectation, elle constate la désaffectation effective préalable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, avant tout déclassement — y compris d&rsquo;une dépendance routière —, la personne publique propriétaire doit pouvoir démontrer la fin effective de l&rsquo;affectation du bien&nbsp;</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/desaffectation-condition-declassement-bien-domaine-public/">La désaffectation, condition nécessairement préalable au déclassement d&rsquo;un bien du domaine public</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Maire intéressé et devoir d&#8217;impartialité : deux obligations distinctes en urbanisme</title>
		<link>https://richeravocats.fr/maire-interesse-impartialite-deux-obligations-distinctes-urbanisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jul 2026 08:54:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Urbanisme, aménagement, promotion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=5193</guid>

					<description><![CDATA[<p>Maire intéressé et devoir d'impartialité, deux obligations distinctes en urbanisme qui se cumulent (CE, 29 juin 2026, n° 496823)</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/maire-interesse-impartialite-deux-obligations-distinctes-urbanisme/">Maire intéressé et devoir d&rsquo;impartialité : deux obligations distinctes en urbanisme</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Clap de fin pour une petite&nbsp;<a href="https://www.lunion.fr/id814832/article/2026-06-29/le-conseil-detat-donne-raison-courmelles-dans-son-combat-contre-rockwool?utm_term=nonli&amp;utm_campaign=un_fb&amp;utm_medium=social&amp;utm_source=facebook">saga judiciaire</a>&nbsp;autour du permis de construire de la société Rockwool France en vue de la construction d’une usine de fabrication de laine de roche sur le territoire de la Commune de Courmelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’origine, donc, la demande de permis de construire sollicitée par la société Rockwool France en vue d’édifier une usine de fabrication de laine de roche. Par arrêté du 1er mars 2021, le maire de Courmelles, également propriétaire de parcelles aux abords du projet, a refusé de délivrer ce permis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’État a tranché et a rejeté la demande de la société Rockwool France (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affaire est l’occasion de se pencher sur l’articulation des dispositions de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006815946">L. 422-7 du code de l’urbanisme</a> et du principe général d’impartialité.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La règle du Maire intéressé de l’article L. 422-7 du code de l’urbanisme</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les dispositions de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006815946">L. 422-7 du code de l’urbanisme&nbsp;</a>:&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Si le maire ou le président de l&rsquo;établissement public de coopération intercommunale est intéressé au projet faisant l&rsquo;objet de la demande de permis ou de la déclaration préalable, soit en son nom personnel, soit comme mandataire, le conseil municipal de la commune ou l&rsquo;organe délibérant de l&rsquo;établissement public désigne un autre de ses membres pour prendre la décision</em>&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si en vertu de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000028810368">L. 422-1 du code de l’urbanisme</a>, le maire est l’autorité compétente pour délivrer les autorisations d’urbanisme, au nom de la commune, dans les communes dotées d’un plan local d’urbanisme ou d’un document d’urbanisme en tenant lieu&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>il appartient ainsi en principe au maire, sans préjudice de la mise en œuvre des délégations qu’il peut accorder dans les conditions prévues par le code général des collectivités territoriales ou de l’application des règles de suppléance, de prendre les décisions correspondantes, sauf à ce qu’il soit intéressé, à titre personnel ou comme mandataire, au projet faisant l’objet de la demande d’autorisation, ou qu’il estime pouvoir être légitimement regardé comme étant intéressé à ce projet, ces circonstances conduisant alors le conseil municipal, conformément à l’article L. 422-7 du même code, à désigner un autre de ses membres pour prendre la décision</em>&nbsp;» (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’État reprend ici sa jurisprudence telle que dégagée dans l’arrêt du 13 décembre 2024 (<a href="https://conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2024-12-13/470383">n° 470383</a>).</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment est appréhendé l’intérêt du maire&nbsp;?</strong></h3>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, l’intérêt du maire est appréhendé de manière assez classique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ressort de la jurisprudence que l&rsquo;« intéressement » est interprété de manière relativement large dans la mesure où elle couvre non seulement les cas où&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li> l&rsquo;intérêt est objectivement direct soit le Maire est propriétaire de la parcelle objet de la demande de permis de construire (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007905579">CE, 22 novembre 1995, n° 95859</a>)&nbsp;;</li>



<li> l&rsquo;intérêt n&rsquo;est qu&rsquo;indirect soit, par exemple, le Maire dispose de participation dans la société ayant participé aux travaux de construction (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000007430863">CAA Paris, 29 décembre 1994, n° 94PA00328</a>).</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En tout état de cause, le lien doit être personnel (y compris en cas de lien professionnel).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, la jurisprudence n’en demeure pas moins pragmatique, soit le résultat d’une appréciation au cas par cas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l&rsquo;espèce, le seul fait pour le Maire d&rsquo;être propriétaire de parcelles, situées à proximité du projet, même exploitées par le fils du Maire, ne suffit pas pour conclure à l&rsquo;intérêt du Maire au sens de l&rsquo;article L. 422-7 du code de l&rsquo;urbanisme (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, dans la mesure où&nbsp;la délégation consentie sur le fondement de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006815946">L. 422-7 du code de l’urbanisme</a>&nbsp;est illégale en l’absence d’intérêt personnel du maire (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000032529219">CAA Nancy, 10 mars 2016, n° 15NC01873</a>), il est vivement conseillé d’être prudent et de solliciter des conseils avisés, en cas de doute avant l’adoption d’une telle délibération.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les particularités de la mise en œuvre des dispositions de l’article L. 422-7 du code de l’urbanisme</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">À noter qu’en pareille situation, une délégation de signature du maire à un adjoint ne suffit pas. Dès lors, une délibération expresse du conseil municipal pour délivrer le permis de construire à la place du maire empêché est nécessaire (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008015293/">CE, 26 février 2001, n° 211318</a>).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maire ne peut pas prendre part à la délibération (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000031418554">CAA Lyon, 30 septembre 2015,&nbsp;n° 1401027</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cas de permis tacite, il convient de vérifier, lors de l’intervention d’une décision tacite, que le conseil municipal a bien procédé à la désignation préalable de l’un de ses membres pour signer l’acte litigieux. Dans la négative, le permis tacite est frappé d’incompétence (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000031200879">CAA de Lyon, 17 septembre 2015, n° 15LY00037</a>).</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’indépendance de la règle d’impartialité vis-à-vis du principe&nbsp;de l’article L. 422-7 du code de l’urbanisme</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Rappel du principe d’impartialité</strong></h3>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe d&rsquo;impartialité garantit aux administrés que toute autorité administrative, individuelle ou collégiale, est tenue de traiter leurs affaires sans préjugés ni partis pris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe d&rsquo;impartialité s&rsquo;applique à l&rsquo;administration, même sans texte.&nbsp;Cette exigence d&rsquo;impartialité s&rsquo;impose tant à l&rsquo;auteur de la décision qu&rsquo;aux personnes ou organismes consultés avant la décision (CE&nbsp;8 janvier 1998, Mme Seronde-Babonaux, n°&nbsp;96654). À noter que ce principe est, également, consacré par le Conseil constitutionnel (<a href="https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/1989/89260DC.htm">Décision n° 89-260 DC du 28 juillet 1989</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À titre d’illustration, le tribunal administratif d’Amiens a par exemple considéré, dans l’affaire finalement tranchée par le Conseil d’État, que&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>le principe d’impartialité, qui garantit aux administrés que toute autorité administrative, individuelle ou collégiale, traite leurs affaires sans préjugés ni partis pris, doit être respecté durant l’intégralité de la procédure d’instruction et de délivrance d’un permis de construire et s’impose à toute autorité administrative, notamment aux membres de ces autorités, qui doivent s’abstenir de toute prise de position publique de nature à compromettre le respect de ce principe</em>» (<a href="https://amiens.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/le-tribunal-administratif-annule-le-refus-de-permis-de-construire-une-usine-de-production-de-laine-de-roches-a-courmelles">TA Amiens, 8 décembre 2022, n° 2102509 et 2102803</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Et le Conseil d’État rappelle ici cette règle dans le contexte des autorisations d’urbanisme&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>le principe d’impartialité, qui garantit aux administrés que toute autorité administrative est tenue de traiter leurs affaires sans préjugés ni partis pris, doit, en particulier, être respecté durant l’intégralité de la procédure d’instruction et de délivrance de toute autorisation d’urbanisme</em>&nbsp;» (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, en matière d’urbanisme, le défaut d’impartialité est caractérisé lorsque le Maire «&nbsp;<em>outre les liens de parenté qui l&rsquo;unissaient au bénéficiaire du permis de construire litigieux, avait un intérêt personnel à la réalisation de cette opération de construction en raison de la rétrocession de parcelle prévue à son avantage en contrepartie de la délivrance de l&rsquo;autorisation de construire</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000019771502">CE, 22 février 2008,&nbsp;<em>Assoc. Air Pur Environnement d&rsquo;Hermeville</em>, n° 291372</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, dans son arrêt du Conseil d’État du 29 juin 2026, le Conseil d’État considère que le seul fait pour le Maire, élu local, d’exprimer son hostilité contre un projet, objet d’une demande de permis de construire, ne caractérise pas un défaut d’impartialité dans la mesure où le Maire n’avait pas exprimé son intention de rejeter, dans tous les cas, la demande de permis de construire&nbsp;(<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un élu local peut, sans crainte, exprimer publiquement des réserves ou des préoccupations à l’égard d’un projet sans méconnaître, par principe, son obligation d’impartialité.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Impartialité et désintéressement, deux obligations distinctes cumulatives</strong></h3>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc sur ce point que l’arrêt apporte un éclaircissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le Conseil d’État dit bien qu’il ne s’agit pas d’une seule règle unique&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect, d’une part des dispositions de l’article L. 422-7 du code de l’urbanisme et, d’autre part, des exigences résultant du principe d’impartialité</em>&nbsp;» (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-06-29/496823">CE, 29 juin 2026, Sté Rockwool France c/ Cne de Courmelles, n° 496823</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le juge administratif doit, d’un côté, vérifier l’absence de violation des dispositions de l’article L. 422-7 du code de l’urbanisme et, de l’autre, le respect du principe d’impartialité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, nous retenons de cet arrêt que lors de l’examen d’une demande d’autorisation d’urbanisme, il faut donc s’assurer :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>d’une part l’absence d’intérêt personnel du Maire au projet du pétitionnaire,</li>



<li>d’autre part, l’absence de comportement susceptible de faire naître un risque de partialité dans l’instruction du dossier.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">En cas de manquement à l’une ou l’autre de ces obligations, le risque encouru est l’annulation de la décision.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/maire-interesse-impartialite-deux-obligations-distinctes-urbanisme/">Maire intéressé et devoir d&rsquo;impartialité : deux obligations distinctes en urbanisme</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Contenu de la messagerie Teams d’un agent : preuve loyale en matière disciplinaire ?</title>
		<link>https://richeravocats.fr/contenu-de-la-messagerie-teams-dun-agent-preuve-loyale-en-matiere-disciplinaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 07:54:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Fonction publique & ressources humaines]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=5186</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par un arrêt du 7 avril 2026 (24TL01209), la Cour administrative d’appel de Toulouse précise les conditions dans lesquelles un employeur public peut fonder une sanction disciplinaire sur des propos tenus au moyen d’une messagerie professionnelle mise à disposition.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/contenu-de-la-messagerie-teams-dun-agent-preuve-loyale-en-matiere-disciplinaire/">Contenu de la messagerie Teams d’un agent : preuve loyale en matière disciplinaire ?</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Par un<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053790070?init=true&amp;page=1&amp;query=24TL01209&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all"> arrêt du 7 avril 2026</a>, la Cour administrative d’appel de Toulouse précise les conditions dans lesquelles un employeur public peut fonder une sanction disciplinaire sur des propos tenus par un agent au moyen d’une messagerie professionnelle mise à disposition par la commune.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>En matière disciplinaire, l’administration de la preuve est libre mais loyale&nbsp;</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En principe, en matière de sanction disciplinaire, la jurisprudence administrative reconnaît que pour établir les faits fautifs, tous les moyens de preuve sont acceptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La preuve est libre&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« en l’absence de disposition législative contraire, l’autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d’établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen » </em>(<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000029255179/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, sect., 16 juill. 2014, n° 355201</a>)<strong>.</strong></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit,&nbsp;l’autorité hiérarchique peut se fonder sur tout élément qui lui est présenté ou, en d’autres termes, que la preuve peut être rapportée par « tout moyen ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette liberté dans le jeu de la preuve a, néanmoins, une limite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’établissement de la preuve, l’employeur public est soumis à l’obligation de loyauté, sauf intérêt public majeur&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« que toutefois, tout employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents, à une obligation de loyauté ; qu’il ne saurait, par suite, fonder une sanction disciplinaire à l’encontre de l’un de ses agents sur des pièces ou documents qu’il a obtenus en méconnaissance de cette obligation, sauf si un intérêt public majeur le justifie » </em>(<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000029255179/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, sect., 16 juill. 2014, n° 355201</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour administrative d’appel de Toulouse rappelle ce considérant de principe&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;</strong><em>en l&rsquo;absence de disposition législative contraire, l&rsquo;autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d&rsquo;établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen. Toutefois, tout employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents, à une obligation de loyauté. Il ne saurait, par suite, fonder une sanction disciplinaire à l&rsquo;encontre de l&rsquo;un de ses agents sur des pièces ou documents qu&rsquo;il a obtenus en méconnaissance de cette obligation, sauf si un intérêt public majeur le justifie.</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053790070?init=true&amp;page=1&amp;query=24TL01209&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all">CAA de Toulouse, 7 avril 2026, n° 24TL01209</a>).</p>
</blockquote>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’appréciation pragmatique de la notion de loyauté de la preuve&nbsp;: les preuves recevables</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">De jurisprudence constante, la preuve anonyme est loyale sous réserve qu’elle ne fonde pas à elle seule la sanction disciplinaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Après avoir relevé que Pôle Emploi s’est exclusivement fondé sur des témoignages qui émaneraient d’agents qui auraient participé à la session de formation, rapportant des propos qui auraient alors été tenus, ces témoignages ayant été anonymisés et ne permettant ainsi pas d’identifier leurs auteurs, ainsi que sur une synthèse, également anonymisée et dont l’auteur reste ainsi inconnu, rapportant des propos qui auraient été tenus à l’occasion d’une enquête téléphonique avec des agents dont l’identité n’est pas davantage précisée et qui ont refusé de confirmer leurs propos par écrit, la cour a estimé, par une appréciation souveraine exempte de dénaturation, que les éléments anonymisés produits ne suffisaient pas à apporter la preuve de la réalité des faits contestée par l’intéressée. Elle n’a ce faisant pas commis d’erreur de droit ». </em>(<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2023-04-05/463028" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 5 avril 2023, n° 463028</a>)</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, l’administration peut recourir à la&nbsp;<a href="https://richeravocats.fr/sanction-disciplinaire-preuve-anonyme/">preuve anonyme mais pas exclusivement</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, le juge administratif valide le recours à des enquêteurs privés, sous réserve que ces investigations soient menées uniquement sur place dans des lieux accessibles au public pendant une période limitée (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046456837?init=true&amp;page=1&amp;query=20BX00450&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all">CAA Bordeaux, 19 octobre 2022, n° 20BX00450</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exploitation des enregistrements issus d’un dispositif de vidéosurveillance légal constitue également une preuve loyale (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000046456837?init=true&amp;page=1&amp;query=20BX00450&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all">CAA Bordeaux, 19 octobre 2022, n° 20BX00450</a>&nbsp;ou&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000043240801?init=true&amp;page=1&amp;query=19MA04107&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all">CAA Marseille, 4 mars 2021, n° 19MA04107</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’employeur peut, également, utiliser des échanges et publications résultant des réseaux sociaux (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000033157594">CAA Nancy, 22 septembre 2016, n° 15NC00771</a>&nbsp;ou encore&nbsp;<a href="https://opendata.justice-administrative.fr/recherche/shareFile/TA30/DTA_2304154_20260108">TA Nîmes, 8 janvier 2026, n° 2304154</a>).</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La possibilité d’exploiter une conversation sur la messagerie instantanée «&nbsp;Teams&nbsp;»</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En l’occurrence, à l’origine de cette affaire jugée par la Cour administrative d’appel de Toulouse, un agent est sanctionné pour&nbsp;avoir tenu des propos irrespectueux et dénigrants à l’encontre de sa hiérarchie et d’autres agents de la commune lors de discussions avec un collègue de travail sur la messagerie instantanée professionnelle alors qu’il se trouvait en réunion avec les personnes dénigrées, d’avoir dénigré les choix et orientations de la direction générale sur les dossiers sur lesquels il est amené à travailler en tant que chef de projets et études de la direction des systèmes d’information, et d’avoir refusé de communiquer une copie des échanges tenus sur la messagerie professionnelle et ayant été diffusés lors de la réunion de travail relative à la gestion des temps et des activités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conversation «&nbsp;Teams&nbsp;» constitue, selon la Cour, une preuve loyale pouvant être exploitée pour sanctionner l’agent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour arriver à cette conclusion, la Cour souligne que&nbsp;:</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>ces échanges problématiques ont eu lieu sur la messagerie instantanée mise à disposition des agents par la commune pour un usage professionnel ;</li>



<li>il ne ressort pas des pièces du dossier que l’agent sanctionné indiquait que ces messages étaient personnels ou privés.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Cette solution s’inscrit dans un mouvement jurisprudentiel bien ancré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, précédemment, la Cour administrative d’appel de Toulouse a pu valider les preuves obtenues par l’autorité territoriale accédant à la messagerie électronique professionnelle d’un représentant syndical. En l’occurrence, la charte informatique précisait, d’une part, que des investigations pouvaient être réalisées pour vérifier que l’usage de cette messagerie était bien conforme aux obligations de discrétion professionnelle et de loyauté et, d’autre part, que les courriels portant la mention «&nbsp;personnel&nbsp;», ou «&nbsp;privé&nbsp;» dans leur objet devaient être regardés comme sortant du contexte professionnel et ne pouvaient faire l’objet d’un contrôle de contenu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors que les courriels ne faisaient pas état d’un caractère personnel ou syndical, ils pouvaient être utilisés dans le cadre d’une procédure disciplinaire sans méconnaissance du principe de loyauté ou du droit au respect de la vie privée ou du secret des correspondances (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047708727?init=true&amp;page=1&amp;query=21TL00953&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all">CAA Toulouse, 20 juin 2023, n° 21TL00953</a>).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté,&nbsp;la Cour de cassation juge de manière constante que les courriels et messages échangés au moyen de la messagerie professionnelle sont présumés avoir un caractère professionnel et peuvent, à ce titre, être invoqués au soutien d’une procédure disciplinaire, sauf à être clairement identifiés comme personnels (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000007048221/">Cass. soc., 2 juin 2004, n° 03-45.269</a>&nbsp;;&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000042348950">Cass. soc., 9 septembre 2020, n° 18-20.489</a>). Cette présomption connaît toutefois une limite : lorsque les propos relèvent d’une conversation à caractère privé, non destinée à être rendue publique, ils ne peuvent en principe, à eux seuls, fonder une sanction disciplinaire (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000048769030">Cass. ass. plén., 22 décembre 2023, n° 23-11.330</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le juge administratif confirme, en quelque sorte,&nbsp;l’existence d’une présomption de caractère professionnel attachée aux contenus figurant sur un outil numérique mis à disposition des agents à des fins professionnelles, qui peuvent être régulièrement exploités par l’employeur public à titre de preuve disciplinaire, sans méconnaissance de l’obligation de loyauté. Cette présomption tombe dès lors que l’utilisation de cet outil, conforme aux usages, est clairement identifiée comme personnelle.&nbsp;</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels enseignements en tirer&nbsp;?</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Premièrement</strong>, toujours le même réflexe en procédure disciplinaire, il faut bien préparer et construire son dossier, son rapport disciplinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la preuve est libre, l’autorité hiérarchique ne doit tout de même exploiter que des preuves loyales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus précisément, la mise à disposition des agents d’outils professionnels numériques doit s’accompagner de la rédaction et de la diffusion d’une charte informatique. Cette charte est un outil contentieux utile qui rappelle à tous leurs obligations et devoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deuxièmement</strong>, en tant qu’agent, dans la mesure où les échanges réalisés sur un outil mis à disposition à des fins professionnelles sont présumés professionnels et peuvent être, dans ces conditions, exploités par l’employeur, il faut veiller à toujours mentionner, quand c’est le cas, le caractère personnel et privé des échanges. Cette mention explicite permettra, le cas échéant, d’invoquer une atteinte à sa vie privée.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/contenu-de-la-messagerie-teams-dun-agent-preuve-loyale-en-matiere-disciplinaire/">Contenu de la messagerie Teams d’un agent : preuve loyale en matière disciplinaire ?</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;entrée en vigueur de l&#8217;article 35 de la loi Climat et Résilience : ce qui change pour la commande publique</title>
		<link>https://richeravocats.fr/lentree-en-vigueur-de-larticle-35-de-la-loi-climat-et-resilience-ce-qui-change-pour-la-commande-publique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anguerrand Colombet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Jul 2026 08:10:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Contrats publics]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le sujet est d&#8217;actualité brûlante — au sens propre, après les dernières vagues de chaleur accentuées par le réchauffement climatique — et pourtant largement passé sous les radars : à compter du 21 août 2026, l&#8217;article 35 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/lentree-en-vigueur-de-larticle-35-de-la-loi-climat-et-resilience-ce-qui-change-pour-la-commande-publique/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L&#8217;entrée en vigueur de l&#8217;article 35 de la loi Climat et Résilience : ce qui change pour la commande publique</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le sujet est d&rsquo;actualité brûlante — au sens propre, après les dernières vagues de chaleur accentuées par le réchauffement climatique — et pourtant largement passé sous les radars : à compter du 21 août 2026, l&rsquo;article 35 de la loi <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2021/8/22/2021-1104/jo/article_35" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 2021-1104 du 22 août 2021</a> portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, dite loi « Climat et Résilience », déploiera pleinement ses effets. Présenté comme le pivot du « verdissement » de la commande publique, ce texte impose aux acheteurs et aux autorités concédantes d&rsquo;intégrer systématiquement les considérations environnementales et sociales dans leurs marchés et contrats de concession. À quelques semaines de l&rsquo;échéance, un point s&rsquo;impose sur la portée exacte de ces obligations.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Un article emblématique du verdissement de la commande publique</h2>


<p class="wp-block-paragraph">La loi Climat et Résilience fait de la commande publique un levier assumé de la transition écologique, et l&rsquo;article 35 en constitue la traduction principale : il modifie en profondeur le code de la commande publique pour y ancrer le développement durable, dans ses trois dimensions économique, sociale et environnementale, au cœur des achats des administrations et des collectivités. L&rsquo;ambition est affichée : parvenir à ce que 100 % des marchés publics comportent une clause à caractère environnemental. L&rsquo;enjeu n&rsquo;a rien d&rsquo;anecdotique — la commande publique française pèse plus de 200 milliards d&rsquo;euros par an. Il faut d&rsquo;ailleurs le souligner : nombre d&rsquo;acheteurs n&rsquo;ont pas attendu l&rsquo;échéance, recourant volontairement à des critères environnementaux et multipliant les SPASER dans les grandes collectivités. Partant, l&rsquo;apport de l&rsquo;article 35 tient moins à l&rsquo;innovation qu&rsquo;à la généralisation : ce qui relevait de la bonne pratique facultative devient une obligation.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Les nouvelles obligations à la charge des acheteurs</h2>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article 35 réécrit plusieurs dispositions du code de la commande publique. Quatre évolutions, en particulier, méritent l&rsquo;attention du praticien.</p>


<h3 class="wp-block-heading">1. Un critère d&rsquo;attribution environnemental désormais obligatoire</h3>


<p class="wp-block-paragraph">Aux termes de l&rsquo;article L. 2152-7 du code de la commande publique, dans sa rédaction issue de l&rsquo;article 35, l&rsquo;acheteur devra retenir au moins un critère d&rsquo;attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l&rsquo;offre. Autrement dit, le recours au critère unique du prix est prohibé : s&rsquo;il ne retient qu&rsquo;un seul critère, l&rsquo;acheteur devra se fonder sur le coût global, à la condition que celui-ci intègre des considérations environnementales ou soit fondé sur le coût du cycle de vie. Le législateur a délibérément retenu une formulation large, laissant aux acheteurs et aux autorités concédantes le soin d&rsquo;identifier le critère le plus approprié au regard de l&rsquo;objet du contrat. Souplesse, donc — mais aussi responsabilité accrue dans le choix opéré.</p>


<h3 class="wp-block-heading">2. Des conditions d&rsquo;exécution environnementales dans tous les marchés</h3>


<p class="wp-block-paragraph">Il ressort de l&rsquo;article L. 2112-2 modifié du code de la commande publique que les clauses du marché doivent préciser des conditions d&rsquo;exécution prenant en compte des considérations relatives à l&rsquo;environnement. Ces conditions, impérativement liées à l&rsquo;objet du marché, peuvent se rapporter à un processus spécifique de production, de fourniture ou de commercialisation, ou à une étape déterminée du cycle de vie. Concrètement, elles prendront la forme d&rsquo;exigences relatives à la gestion des déchets, à la performance énergétique, à l&rsquo;origine des matériaux ou à la réduction des émissions de CO₂. Là encore, la rédaction doit être précise : une clause trop générale se prête mal au contrôle de son exécution.</p>


<h3 class="wp-block-heading">3. Une clause sociale pour les marchés supérieurs aux seuils européens</h3>


<p class="wp-block-paragraph">Pour les marchés dont le montant excède les seuils européens, l&rsquo;article 35 crée un nouvel article L. 2112-2-1, qui impose des conditions d&rsquo;exécution prenant en compte des considérations relatives au domaine social ou à l&#8217;emploi, en particulier en faveur des personnes défavorisées. En pratique, une clause d&rsquo;insertion, une clause favorisant l&rsquo;égalité entre les femmes et les hommes, ou encore la réservation du marché à des structures de l&rsquo;économie sociale et solidaire, permettront de satisfaire à cette exigence.</p>


<h3 class="wp-block-heading">4. Le développement durable dès la définition du besoin</h3>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;obligation de prise en compte des objectifs de développement durable est enfin étendue, pour les marchés publics comme pour les contrats de concession, à la phase de formalisation du besoin par les spécifications techniques (articles L. 2111-2 et L. 3111-2 modifiés). Dès lors, l&rsquo;enjeu environnemental doit être intégré en amont du processus d&rsquo;achat, et non greffé artificiellement au stade de la passation. Cette logique trouve son point d&rsquo;ancrage au titre préliminaire du code, qui consacre désormais un principe d&rsquo;atteinte des objectifs de développement durable dans leurs dimensions économique, sociale et environnementale — au même rang que les principes de liberté d&rsquo;accès et d&rsquo;égalité de traitement des candidats.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Un calendrier d&rsquo;entrée en vigueur échelonné</h2>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;article 35 n&rsquo;est pas entré en vigueur d&rsquo;un seul tenant, et c&rsquo;est un point qu&rsquo;il convient de ne pas perdre de vue. Les mesures relatives aux schémas de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER) — renforcés par l&rsquo;ajout d&rsquo;indicateurs chiffrés exprimés en nombre de contrats ou en valeur — sont applicables depuis le 1er janvier 2023.</p>


<p class="wp-block-paragraph">Pour l&rsquo;essentiel des autres dispositions, la loi a renvoyé à un décret le soin de fixer la date d&rsquo;entrée en vigueur, dans la limite de cinq ans après sa promulgation, soit le 22 août 2026 au plus tard. Ce délai a été pensé pour laisser aux acheteurs, aux autorités concédantes et aux entreprises le temps de s&rsquo;adapter, et pour permettre à l&rsquo;administration de déployer ses outils d&rsquo;accompagnement. Les marchés et contrats de concession relevant de la défense ou de la sécurité demeurent, quant à eux, hors du champ de ces obligations. Une précision s&rsquo;impose enfin sur la date : la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/eli/loi/2023/10/23/2023-973/jo" target="_blank" rel="noreferrer noopener">loi n° 2023-973 du 23 octobre 2023</a> relative à l&rsquo;industrie verte a modifié l&rsquo;article 35 pour autoriser, secteur par secteur, une entrée en vigueur anticipée par décret ; à défaut d&rsquo;un tel décret pour un segment donné, c&rsquo;est l&rsquo;échéance de droit commun qui s&rsquo;applique. Or le <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000045733739" target="_blank" rel="noreferrer noopener">décret n° 2022-767 du 2 mai 2022</a> a fixé cette date au 21 août 2026 — la loi prévoyant, elle, une entrée en vigueur au plus tard le 22 août 2026.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Ce qu&rsquo;il faut anticiper</h2>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;échéance du 21 août 2026 ne saurait s&rsquo;anticiper à la dernière minute. La commande publique représentant une part majeure de la dépense nationale, les enjeux — de conformité comme d&rsquo;image — sont considérables, et ce des deux côtés de la table : pour ceux qui achètent comme pour ceux qui répondent.</p>


<h3 class="wp-block-heading">Pour les acheteurs publics : sécuriser et repenser ses procédures</h3>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;acheteur ne peut plus se contenter d&rsquo;insérer une clause environnementale de principe en fin de procédure : la démarche doit être pensée dès l&rsquo;expression du besoin et irriguer l&rsquo;ensemble des pièces de la consultation. Partant, plusieurs chantiers méritent d&rsquo;être engagés sans attendre :</p>


<ul class="wp-block-list">
<li>réaliser une cartographie de ses achats pour identifier les segments à plus fort enjeu environnemental et prioriser les procédures à sécuriser ;</li>


<li>conduire un sourcing préalable afin d&rsquo;apprécier la maturité du marché fournisseur et de calibrer des exigences atteignables et proportionnées ;</li>


<li>rédiger des critères et des clauses d&rsquo;exécution réellement liés à l&rsquo;objet du marché, mesurables et contrôlables tout au long de l&rsquo;exécution ;</li>


<li>abandonner le critère unique du prix lorsqu&rsquo;il est encore pratiqué, au profit d&rsquo;un coût global ou d&rsquo;une pondération intégrant la performance environnementale ;</li>


<li>adapter les modèles de règlement de consultation, de CCTP et de CCAP, ainsi que les grilles d&rsquo;analyse des offres ;</li>


<li>documenter et tracer les arbitrages opérés entre performance économique, exigences sociales et impératifs environnementaux.</li>
</ul>


<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas seulement de conformité. Une clause environnementale mal calibrée — insuffisamment liée à l&rsquo;objet du marché, imprécise ou discriminatoire — expose la procédure à un risque contentieux, notamment par la voie du référé précontractuel. Aussi la sécurité juridique passe-t-elle par des exigences rédigées avec soin et effectivement contrôlables au stade de l&rsquo;exécution. Pour outiller cette démarche, les acheteurs pourront utilement s&rsquo;appuyer sur les ressources publiques existantes : au premier chef, le « <a href="https://achats-durables.gouv.fr/fiche-mesures-relatives-commande-publique-durable-issues-loi-climat-resilience-loi-industrie-verte" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kit achats durables</a> » de l&rsquo;Observatoire économique de la commande publique (OECP) — clausiers-types et tableaux d&rsquo;aide à la définition du besoin — ainsi que le Guichet Vert, service de conseil de premier niveau sur la rédaction des clauses ; la <a href="https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/marches_publics/achatsdurables/Fiche_explicative_loi_climat.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">fiche explicative de la direction des affaires juridiques (DAJ)</a> de Bercy en offre par ailleurs une lecture d&rsquo;ensemble.</p>


<h3 class="wp-block-heading">Pour les candidats : faire de la performance environnementale un argument d&rsquo;offre</h3>


<p class="wp-block-paragraph">Côté opérateurs économiques, l&rsquo;enjeu est tout aussi concret : la dimension environnementale de l&rsquo;offre devient un facteur de sélection à part entière. Documenter ses engagements, mesurer l&#8217;empreinte de ses prestations et valoriser ses démarches durables constitueront autant d&rsquo;atouts décisifs — y compris pour les TPE et PME, souvent les mieux placées pour se distinguer par des solutions innovantes.</p>


<p class="wp-block-paragraph">La généralisation d&rsquo;un critère environnemental modifie la manière dont les offres sont notées : à prix et valeur technique comparables, c&rsquo;est désormais la qualité environnementale de la proposition qui départage. Pour ne pas subir cette évolution, mais en tirer parti, les candidats ont tout intérêt à :</p>


<ul class="wp-block-list">
<li>anticiper les attentes en analysant, dès la veille des consultations, les critères et conditions d&rsquo;exécution environnementales des acheteurs de leur secteur ;</li>


<li>structurer un mémoire technique répondant point par point aux exigences environnementales et sociales, preuves à l&rsquo;appui ;</li>


<li>mesurer et documenter l&#8217;empreinte de leurs prestations (émissions, matériaux, gestion des déchets, cycle de vie) pour étayer leurs engagements ;</li>


<li>valoriser leurs démarches et certifications (labels, ISO 14001, écoconception) sans se limiter à des allégations générales difficilement vérifiables ;</li>


<li>identifier les clauses sociales (insertion, égalité femmes-hommes, ESS) comme autant d&rsquo;occasions de se démarquer sur les marchés supérieurs aux seuils européens.</li>
</ul>


<p class="wp-block-paragraph">Cette montée en compétence constitue, en définitive, une réelle opportunité, y compris pour les TPE et PME : capables de proposer des solutions innovantes et sobres, elles peuvent transformer l&rsquo;exigence environnementale en avantage concurrentiel face à des concurrents plus importants mais moins agiles. Un point de vigilance, toutefois : à mesure que tous les candidats afficheront des engagements environnementaux, seules les preuves concrètes feront la différence. Un engagement mesurable, certifié par un tiers indépendant et assorti d&rsquo;un reporting régulier — par exemple des crédits carbone certifiés au titre du Label Bas-Carbone — pèsera toujours davantage qu&rsquo;une simple déclaration d&rsquo;intention.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Conclusion</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Loin d&rsquo;une simple retouche technique, l&rsquo;article 35 de la loi Climat et Résilience opère un véritable changement de paradigme : la commande publique — près de 200 milliards d&rsquo;euros par an — devient un instrument assumé de la transition écologique et sociale. À l&rsquo;approche du 21 août 2026, la prudence commande d&rsquo;anticiper : réviser ses procédures et ses grilles d&rsquo;analyse pour les acheteurs, structurer des engagements sérieux et vérifiables pour les candidats.</p>


<h2 class="wp-block-heading">Besoin d&rsquo;un accompagnement sur cette échéance ?</h2>


<p class="wp-block-paragraph">Que vous soyez acheteur public ou opérateur économique, l&rsquo;entrée en vigueur de l&rsquo;article 35 appelle une préparation concrète : audit et sécurisation de vos procédures, rédaction de critères et de clauses environnementales et sociales solidement liés à l&rsquo;objet du marché, structuration d&rsquo;un mémoire technique étayé par des preuves vérifiables. Le cabinet vous accompagne, en conseil comme en contentieux, pour aborder l&rsquo;échéance du 21 août 2026 dans les meilleures conditions.</p>

<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/lentree-en-vigueur-de-larticle-35-de-la-loi-climat-et-resilience-ce-qui-change-pour-la-commande-publique/">L&rsquo;entrée en vigueur de l&rsquo;article 35 de la loi Climat et Résilience : ce qui change pour la commande publique</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Marchés publics à faible montant : la technique des trois devis ne vaut pas procédure adaptée</title>
		<link>https://richeravocats.fr/marches-publics-a-faible-montant-la-technique-des-trois-devis-ne-vaut-pas-procedure-adaptee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 12:41:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Contrats publics]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=5001</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par un arrêt du 17 avril 2026, le Conseil d'Etat (n° 503412) valide la pratique des trois devis pour l'attribution d'un marché public sous les seuils de publicité et de mise en concurrence.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Vous avez sûrement vu passer cet arrêt du Conseil d’État du 17 avril 2026 (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053910851" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 503412</a>) dans lequel il se prononce sur la pratique des acheteurs publics de recourir à la technique des trois devis pour attribuer un marché public dont le montant est en deçà des seuils de publicité et de mise en concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une clarification pertinente de la mise en œuvre et l’implication de la technique des trois devis qui mérite tout de même d’être décortiquée.</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rappel du contexte à l’origine de cet arrêt du Conseil d’État&nbsp;</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En l’occurrence, à l’origine de cette affaire, la délibération du 5 avril 2022 de la commune de Tilly-sur-Seulles par laquelle il est décidé de conclure un marché public de travaux de voirie avec la société Jones Travaux Publics, pour un montant de 72 934,58 euros TTC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce marché étant situé en dessous des seuils de procédure formalisée, la commune avait sollicité plusieurs devis.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des conseillers municipaux ont contesté la régularité de la passation, estimant que cette mise en concurrence informelle valait soumission volontaire à la procédure adaptée (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037730847" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article R. 2123-4 du code de la commande publique</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Dans un premier temps</u></strong>, le tribunal administratif de Caen, par un jugement n° 2201185 du 22 janvier 2024, a rejeté cette demande d’annulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Dans un second temps</u></strong>, par un&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000051145483" target="_blank" rel="noreferrer noopener">arrêt n° 24NT00896 du 7 février 2025</a>, la cour administrative d&rsquo;appel de Nantes a rejeté l’appel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est alors que les requérants se sont pourvus en cassation devant le Conseil d&rsquo;État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi,&nbsp;<strong><u>dans un troisième temps</u></strong>, le Conseil d’État saisi a eu à trancher la question suivante, à savoir si le seul fait pour un pouvoir adjudicateur de solliciter plusieurs devis pour un marché dont le montant se situe en dessous des seuils de la procédure adaptée emporte soumission de ce marché aux règles de publicité et de mise en concurrence prévues par les articles&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037730847" target="_blank" rel="noreferrer noopener">R. 2123-4 et suivants du code de la commande publique</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État répond à cette question par la négative.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La seule demande de plusieurs devis n&#8217;emporte pas, par elle-même, application des règles régissant la procédure adaptée prévues par les articles&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037730847" target="_blank" rel="noreferrer noopener">R. 2123-4 et suivants du code de la commande publique</a>&nbsp;à la passation d&rsquo;un marché dont le montant se situe en dessous des seuils à partir desquels s&rsquo;applique cette procédure.&nbsp;</p>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La validation de la pratique des acheteurs publics de recourir à trois devis</strong></h2>



<div style="height:0px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Cette validation est pour les praticiens de la commande publique loin d’être anodine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, sans que cette pratique ait nécessairement été adoubée par la&nbsp;<a href="https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/marches_publics/conseil_acheteurs/fiches-techniques/mise-en-oeuvre-procedure/achats-moins-40-000-euros-2020.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">DAJ</a>, il n’en demeure pas moins que cette dernière pouvait conseiller,&nbsp;pour les marchés de faible montant, donc hors des obligations de publicité&nbsp;et&nbsp;de mise en concurrence, de demander des devis à plusieurs opérateurs économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, faute d’une confirmation formelle, tant la doctrine que la jurisprudence administrative débattaient sur ce point crucial, est-ce que solliciter plusieurs devis revenait à recourir volontairement à une procédure adaptée&nbsp;? (pour en savoir plus sur ce débat, nous vous recommandons notre article&nbsp;<a href="https://richeravocats.fr/marches-publics-faible-montant-pratique-trois-devis/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ici</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dans ce contexte juridique fragile, l’arrêt du Conseil d’État trouve toute sa portée et dissipe une incertitude pratique, ayant pu, jusqu’alors, fragiliser les marchés publics passés sans publicité et mise en concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus précisément, le Conseil d’État, reprenant à son compte le raisonnement de la cour administrative d’appel de Nantes, juge&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Lorsque les dispositions applicables à un contrat de la commande publique permettent à l&rsquo;acheteur public de le conclure sans publicité ni mise en concurrence préalables, la circonstance que celui-ci ait, avant de le conclure, fait le choix de procéder à une certaine forme de publicité ou d&rsquo;avoir recours à une mise en concurrence, notamment en sollicitant des devis de la part de plusieurs entreprises, n&rsquo;a pas par elle-même pour effet de faire relever le marché en cause des catégories de procédures pour lesquelles le code de la commande publique prévoit l&rsquo;obligation de publicité et de mise en concurrence</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053910851" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 17 avril 2026, n° 503412</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Premier enseignement</u></strong>, le seul fait de recourir à la technique des trois devis ne vaut pas soumission à une procédure pour laquelle le code de la commande publique prévoit l&rsquo;obligation de publicité et de mise en concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’État ajoute que&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>L&rsquo;application de ces procédures ne saurait en effet, dans un tel cas, que résulter de ce que l&rsquo;acheteur y a expressément fait référence dans le règlement de la consultation, en indiquant s&rsquo;y soumettre</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053910851" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 17 avril 2026, n° 503412</a>).</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Second enseignement</u></strong>, les procédures de passation du code de la commande publique ne s’appliquent que dans l’hypothèse où l&rsquo;acheteur y fait expressément référence dans le règlement de la consultation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces procédures s’appliquent si et seulement si l’acheteur public a énoncé s’y soumettre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, le recours à la pratique des trois devis est sécurisé. Dès lors, la sollicitation de plusieurs devis, sous les seuils de publicité et de mise en concurrence, relève d&rsquo;une bonne pratique de l’achat public qui ne fait pas basculer le marché dans le formalisme de la procédure adaptée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;acheteur conserve, sous les seuils, sa liberté procédurale, sous la seule réserve du respect des principes fondamentaux de la commande publique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une clarification opportune donc, mais il n’en demeure pas moins que l’acheteur public doit rester vigilant pour vérifier si les seuils ne sont pas atteints et, partant, éviter une violation des règles de la commande publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’hésitez pas à nous contacter pour sécuriser vos procédures.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/marches-publics-a-faible-montant-la-technique-des-trois-devis-ne-vaut-pas-procedure-adaptee/">Marchés publics à faible montant : la technique des trois devis ne vaut pas procédure adaptée</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Précision sur la contestation du montant de la redevance due pour occupation du domaine public</title>
		<link>https://richeravocats.fr/precision-sur-la-contestation-du-montant-de-la-redevance-due-pour-occupation-du-domaine-public/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 15:16:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit des biens & domanialité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=4421</guid>

					<description><![CDATA[<p>Dans un avis du 2 juin 2026 (n° 513349), le Conseil d’État dessine le contentieux de la redevance d’occupation du domaine public.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/precision-sur-la-contestation-du-montant-de-la-redevance-due-pour-occupation-du-domaine-public/">Précision sur la contestation du montant de la redevance due pour occupation du domaine public</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans un avis du 2 juin 2026 (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054209187">n° 513349</a>), le Conseil d’État dessine le contentieux de la redevance d’occupation du domaine public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En l’occurrence, une société a saisi le Tribunal administratif de Bastia d’un recours en annulation contre un arrêté préfectoral fixant à 34 736 euros la redevance d&rsquo;occupation du domaine public maritime, appartenant à l’État. Dans ce contexte, en application de l’<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449176">article L. 113-1 du code de justice administrative</a>, le tribunal administratif de Bastia a sursis à statuer et transmis trois questions au Conseil d&rsquo;État, dont celle qui nous intéresse ici, à savoir «&nbsp;<em>Les dispositions financières fixant le montant de la redevance sont-elles divisibles du titre autorisant l&rsquo;occupation temporaire du domaine public ?</em>&nbsp;»</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La redevance d’occupation du domaine public</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps de son raisonnement, le&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054209187">Conseil d’État</a>&nbsp;rappelle qu’en principe, l’occupation du domaine public donne lieu à paiement d’une redevance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant ce principe que ses dérogations résultent de l’application des dispositions de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042914938">L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques&nbsp;</a>:&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Toute occupation ou utilisation du domaine public d&rsquo;une personne publique mentionnée à l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070299&amp;idArticle=LEGIARTI000006361124&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid">article L. 1</a>&nbsp;donne lieu au paiement d&rsquo;une redevance&nbsp;».</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La redevance d’occupation du domaine public est un corollaire de l’utilisation privative du domaine public et permet, ainsi, à la personne publique propriétaire d’utilement valoriser son domaine public à des fins financières et économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le montant de la redevance doit tenir compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l&rsquo;autorisation (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361274">article L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l&rsquo;assiette de la redevance n&rsquo;est pas fixée par un texte, généralement réglementaire, c&rsquo;est le propriétaire du domaine public ou les autorités gestionnaires du domaine public, qui sont compétentes pour fixer le montant de la redevance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En pratique, pour tenir compte de cette exigence, la fixation de la redevance se fonde sur un&nbsp;<strong>élément fixe</strong>, le droit d’occupation de la dépendance domaniale, soit l’équivalent de la valeur locative d’une propriété privée comparable à celle de la dépendance sur laquelle l’occupation est autorisée, et sur un&nbsp;<strong>élément variable</strong>, qui représente le niveau de profits procurés par l’utilisation. Il s’agit, ici, de prendre en compte les avantages tirés par l’occupant de l’occupation du domaine public.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La redevance est payable d’avance et annuellement (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054141937">article L. 2125-4 du code général de la propriété des personnes publiques</a>).&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le contrôle de la redevance par le juge administratif</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000022517192" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 2331-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>&nbsp;prévoit que les litiges relatifs au principe et au montant des redevances d’occupation et d’utilisation du domaine public, quelles que soient les modalités de leur fixation, sont portés devant la juridiction administrative.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, de jurisprudence constante, le juge administratif exerce un&nbsp;<a href="https://richeravocats.fr/controle-minimum-realiste-fixation-redevance-occupation-domaine-public/">contrôle de l’erreur manifeste d’appréciation</a>&nbsp;(<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2025-09-26/500350">CE, 25 septembre 2025, n° 500350</a>). Il n’en demeure pas moins que son approche est réaliste, c’est-à-dire circonstanciée et pragmatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, si le contrôle est limité à l’erreur manifeste d’appréciation, l’analyse du juge est particulièrement factuelle. Le juge administratif vérifie que les conditions réelles d’occupation de la dépendance du domaine public sont bien intégrées dans la détermination du montant de la redevance.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Affirmation de la divisibilité des dispositions financières du titre d’occupation</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’apport de l’avis réside dans ce point. En l’occurrence, le Conseil d’État précise que :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« <em>les dispositions d&rsquo;une autorisation unilatérale d&rsquo;occupation du domaine public de l&rsquo;Etat relatives au montant de la redevance due à raison de cette occupation sont divisibles du reste de cette autorisation </em>» <em>(CE, avis, 2 juin 2026, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054209187">n° 513349</a>)</em></p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, l’occupant du domaine public peut saisir le juge d’un recours en excès de pouvoir pour obtenir l’annulation de ces dispositions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, en cas d’annulation des dispositions relatives au montant de la redevance, il appartient à l’autorité gestionnaire du domaine public d’arrêter les nouvelles conditions financières d’occupation du domaine public, conformément aux dispositions du code général de la propriété des personnes publiques ainsi que de la jurisprudence administrative.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>On en tire quoi en pratique&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En théorie, cette solution tend à sécuriser la position de l’occupant qui peut contester uniquement le montant de la redevance fixé sans risquer l&rsquo;annulation de son titre d&rsquo;occupation lui-même.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la mesure où un recours en annulation n’est pas suspensif, nous conseillons impérativement d’introduire en parallèle un référé-suspension de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006449326">L. 521-1 du code de justice administrative</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;obligation de communiquer le sens des conclusions du rapporteur public dans un délai raisonnable avant l&#8217;audience</title>
		<link>https://richeravocats.fr/obligation-communiquer-conclusions-rapporteur-public-delai-raisonnable-audience/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 16:28:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Négociation & contentieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le rôle du rapporteur public, dans le procès administratif, anciennement appelé commissaire du gouvernement, a cristallisé les passions du fait d’un statut assez hybride, ni vraiment dans la formation de jugement, ni vraiment une partie comme une autre.&#160; Les exigences du procès équitable ont contraint la France à revoir son statut et à apaiser la&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/obligation-communiquer-conclusions-rapporteur-public-delai-raisonnable-audience/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">L&#8217;obligation de communiquer le sens des conclusions du rapporteur public dans un délai raisonnable avant l&#8217;audience</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le rôle du rapporteur public, dans le procès administratif, anciennement appelé commissaire du gouvernement, a cristallisé les passions du fait d’un statut assez hybride, ni vraiment dans la formation de jugement, ni vraiment une partie comme une autre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exigences du procès équitable ont contraint la France à revoir son statut et à apaiser la défiance des justiciables à son égard (<a href="https://www.lexbase.fr/jurisprudence/1008367-cedh-07062001-req-3959498-kress-c-france" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CEDH, 07-06-2001, Kress c/ France, Req. 39594/98</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le commissaire du gouvernement est devenu rapporteur public, n’assistant plus au délibéré et devant communiquer au préalable de l’audience le sens de ses conclusions</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’information des parties sur le sens des conclusions du rapporteur, préalablement à l’audience, a donc été reconnue comme une exigence de respect du droit à un procès équitable. Les praticiens s’accordent souvent pour reconnaître que la connaissance du sens des conclusions est souvent de peu de secours tant la mention «&nbsp;rejet&nbsp;» ne permet pas de préparer davantage ses observations orales, mais elle permet un minimum d’organisation, lorsque, notamment, le sens surprend.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par sa décision du 26 mai 2026 (<a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20260526-501063" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 501063</a>), le Conseil d&rsquo;État précise la mesure du temps que cette information suppose, en jugeant qu&rsquo;un délai de communication trop bref, fût-il antérieur à l&rsquo;audience, entache la procédure et, ainsi, le jugement d&rsquo;irrégularité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’État précise une jurisprudence encore très dispersée sur le sujet.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La communication du sens des</strong> <strong>conclusions, garantie procédurale au service du contradictoire</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La communication du sens des conclusions : permettre aux parties d&rsquo;organiser utilement leur défense pour l’audience</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025035004" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L&rsquo;article R. 711-3 du code de justice administrative</a> impose que, lorsque le jugement de l&rsquo;affaire doit intervenir après le prononcé des conclusions du rapporteur public, les parties ou leurs mandataires soient mis en mesure de connaître, avant l&rsquo;audience, le sens de ces conclusions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’un principe phare de la procédure administrative contentieuse et plus précisément du déroulé du procès administratif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communication du sens des conclusions du rapporteur public permet aux parties d’organiser tant leur déplacement à l’audience que leur intervention orale après l’intervention du rapporteur public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe est systématiquement rappelé par le juge administratif&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>Considérant que la communication aux parties du sens des conclusions, prévue par les dispositions de l&rsquo;article R. 711-3 du code de justice administrative, a pour objet de mettre les parties en mesure d&rsquo;apprécier l&rsquo;opportunité d&rsquo;assister à l&rsquo;audience publique, de préparer, le cas échéant, les observations orales qu&rsquo;elles peuvent y présenter, après les conclusions du rapporteur public, à l&rsquo;appui de leur argumentation écrite et d&rsquo;envisager, si elles l&rsquo;estiment utile, la production, après la séance publique, d&rsquo;une note en délibéré</em> » (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000030249886/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 16 février 2015, n° 382564</a>).</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe est rappelé en substance par le Conseil d’État dans son arrêt du 26 mai 2026&nbsp;:</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>Aux termes de l&rsquo;article R. 711-3 du code de justice administrative :  » Si le jugement de l&rsquo;affaire doit intervenir après le prononcé de conclusions du rapporteur public, les parties ou leurs mandataires sont mis en mesure de connaître, avant la tenue de l&rsquo;audience, le sens de ces conclusions sur l&rsquo;affaire qui les concerne.  » La communication aux parties du sens des conclusions, prévue par ces dispositions, a pour objet de mettre les parties en mesure d&rsquo;apprécier l&rsquo;opportunité d&rsquo;assister à l&rsquo;audience publique, de préparer, le cas échéant, les observations orales qu&rsquo;elles peuvent y présenter après les conclusions du rapporteur public à l&rsquo;appui de leur argumentation écrite et d&rsquo;envisager, si elles l&rsquo;estiment utile, la production, après la séance publique, d&rsquo;une note en délibéré</em> » (<a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20260526-501063" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 501063</a>).</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s&rsquo;agit, ainsi, pas d&rsquo;une formalité abstraite, mais d&rsquo;un instrument concret au service du respect du principe du contradictoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La communication du sens des conclusions du rapporteur public met les parties en position de réagir, oralement à l&rsquo;audience ou par écrit ensuite.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La garantie est donc orientée vers un usage : elle n&rsquo;a de sens que si les parties disposent matériellement de la possibilité de s&rsquo;en saisir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est cette logique d&rsquo;effectivité qui commande la suite du raisonnement du Conseil d’État.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;exigence d&rsquo;un délai raisonnable comme condition d&rsquo;effectivité de la communication des conclusions du rapporteur public</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur de l&rsquo;apport de la décision tient dans l&rsquo;articulation entre l&rsquo;information et le temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, à partir de quand l’information n’en est plus une&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État rappelle que les parties doivent être mises en mesure de connaître le sens des conclusions « <em>dans un délai raisonnable avant l&rsquo;audience</em> » (<a href="https://juricaf.org/arret/FRANCE-CONSEILDETAT-20260526-501063" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 501063</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette précision n&rsquo;est pas neutre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas tant l’exigence de communication qui compte mais bien la temporalité de cette communication.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, une information transmise in extremis, quelques heures avant l&rsquo;ouverture de l&rsquo;audience, satisferait à la lettre de l&rsquo;article R. 711-3 mais en trahirait l&rsquo;esprit, car elle priverait les parties de la possibilité réelle d&rsquo;en tirer parti et, donc, n’assurerait pas le respect du contradictoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puisque la communication a pour objet de permettre aux parties d&rsquo;apprécier l&rsquo;opportunité de leur présence, de préparer leurs observations orales et d&rsquo;envisager une note en délibéré, le délai doit être suffisant pour rendre ces démarches possibles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le juge administratif, ce délai doit être « raisonnable ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, cette notion de délai raisonnable est, par nature, relative.&nbsp;</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La sanction de l&rsquo;insuffisance du délai entre la communication des conclusions et l’audience : l&rsquo;irrégularité de la décision</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;appréciation in concreto du caractère raisonnable du délai</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;application du standard aux faits de l&rsquo;espèce illustre la méthode du Conseil d&rsquo;État. Le sens des conclusions avait été mis en ligne sur l&rsquo;application « Sagace » le samedi 28 septembre 2024 à 16 heures, pour une audience fixée au lundi 30 septembre 2024 à 9 heures. Arithmétiquement, les parties disposaient d&rsquo;environ quarante et une heures.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce laps de temps, à première vue suffisant en valeur absolue, est jugé insuffisant au regard d&rsquo;une circonstance déterminante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pour cause, il était presque entièrement constitué d&rsquo;un week-end.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enseignement est ici que le décompte du délai ne se réduit pas à une mesure mécanique d&rsquo;heures écoulées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État raisonne en termes de temps utile pour permettre à une partie ou à son conseil de consulter l&rsquo;information, d&rsquo;en apprécier la portée et, le cas échéant, de préparer des observations ou une note en délibéré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La référence aux « circonstances de l&rsquo;espèce » prend alors tout son sens : c&rsquo;est la disponibilité réelle du temps, et non sa seule durée nominale, qui est appréciée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Partant, un intervalle situé un samedi après-midi, un dimanche et le tout début d&rsquo;un lundi matin n&rsquo;offre pas cette garantie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette solution s&rsquo;éclaire utilement à la lumière des précédents qui jalonnent l&rsquo;appréciation du délai raisonnable puisque la notion de «&nbsp;délai raisonnable&nbsp;» est issue de précédentes jurisprudences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jurisprudence offre, à cet égard, quelques points de repère :&nbsp;</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; un délai de 27 heures a pu être jugé comme raisonnable (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000030286016/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CAA Versailles, 19 février 2015, n° 12VE02387</a>).</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; la communication du sens des conclusions la veille à 19h15 pour une audience à 9h30 ne respecte pas le délai raisonnable (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000028243736/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CAA Lyon, 5 novembre 2013, n° 12LY02994</a>).</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; est censurée une communication intervenue seulement quatre heures avant le début de l&rsquo;audience (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000028110500/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 23 octobre 2013, n° 362437</a>).</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apport de cette solution ne réside pas tant dans la durée du délai raisonnable que dans sa consistance. Les quarante et une heures de l&rsquo;espèce, supérieures en valeur absolue aux vingt-sept heures jugées suffisantes en 2015, sont néanmoins regardées comme insuffisantes parce qu&rsquo;elles sont absorbées par un week-end.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche&nbsp;<em>in concreto</em>&nbsp;présente une vertu de souplesse mais aussi une part d&rsquo;incertitude.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tout état de cause, elle confie aux juridictions du fond, sous le contrôle du juge de cassation, le soin de déterminer au cas par cas si le délai laissé était de nature à permettre l&rsquo;exercice utile des droits des parties.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gardons à l’esprit qu’un délai chevauchant un week-end et ne ménageant aucune plage ouvrée significative avant l&rsquo;audience doit être regardé avec suspicion.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le non-respect du délai raisonnable lors de la communication des conclusions : l’irrégularité du jugement</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">La sanction retenue est à la mesure de l&rsquo;importance attachée à la garantie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État juge que le manquement entache la décision d&rsquo;irrégularité, et procède à l&rsquo;annulation du jugement sans qu&rsquo;il soit besoin d&rsquo;examiner les autres moyens du pourvoi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La méconnaissance des règles de communication du sens des conclusions constitue ainsi un vice de procédure suffisant pour justifier l’annulation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le Conseil d’État éclaire utilement la notion de «&nbsp;délai raisonnable&nbsp;» à respecter lors de la communication des conclusions du rapporteur public, il reste un point qui en pratique pose quelques difficultés, à savoir la teneur du sens desdites conclusions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’État rappelle que le sens des conclusions mis à disposition des parties doit comporter : « l&rsquo;ensemble des éléments du dispositif de la décision que le rapporteur public compte proposer à la formation de jugement d&rsquo;adopter, à l&rsquo;exception de la réponse aux conclusions qui revêtent un caractère accessoire, notamment celles qui sont relatives à l&rsquo;application de l&rsquo;article L. 761-1 du code de justice administrative ».<br>Pour autant, en pratique, cela est réduit en peau de chagrin, avec les lapidaires formulations : « rejet de la requête » ou encore « annulation totale ou partielle » assortie d’un motif sibyllin, lorsqu’ils apparaissent. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La garantie des droits des parties dans le procès administratif justifierait la communication de&nbsp;l&rsquo;ensemble des éléments du dispositif que le rapporteur public compte proposer à la formation de jugement d&rsquo;adopter. Cette exigence ne devrait pas se limiter, comme c’est le cas trop souvent en pratique au sens global — soit l’indication du rejet ou de l’annulation — mais s&rsquo;étendre à la structure du dispositif envisagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les observations présentées à l&rsquo;audience, en réponse aux conclusions du rapporteur public, n&rsquo;en seraient que plus pertinentes et épargneraient aux parties l&rsquo;émission, dans la précipitation, de notes en délibéré.&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Vente parfaite d&#8217;un bien du domaine privé d&#8217;une personne publique : sous quelles conditions ?</title>
		<link>https://richeravocats.fr/vente-parfaite-bien-domaine-prive-personne-publique-conditions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jérôme Duvignau]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 Jun 2026 15:48:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Droit des biens & domanialité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=4311</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par sa décision du 16 mars 2026 (n° 493615), le Conseil d&#8217;Etat juge qu&#8217;une délibération approuvant la cession d&#8217;un bien du domaine privé constitue un acte créateur de droits dès l&#8217;accord des parties sur l&#8217;objet et le prix, alors même que la vente est assortie de conditions suspensives — nuançant ainsi la jurisprudence Bowling du&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/vente-parfaite-bien-domaine-prive-personne-publique-conditions/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Vente parfaite d&#8217;un bien du domaine privé d&#8217;une personne publique : sous quelles conditions ?</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Par sa décision du 16 mars 2026 (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053684461" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 493615</a>), le Conseil d&rsquo;Etat juge qu&rsquo;une délibération approuvant la cession d&rsquo;un bien du domaine privé constitue un acte créateur de droits dès l&rsquo;accord des parties sur l&rsquo;objet et le prix, alors même que la vente est assortie de conditions suspensives — nuançant ainsi la jurisprudence Bowling du Hainaut (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000034205964/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 15 mars 2017, n° 393407</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les droits ainsi conférés à l&rsquo;acquéreur demeurent toutefois précaires. Cette décision invite ainsi les personnes publiques à la prudence, tant au stade de l&rsquo;accord donné à la cession qu&rsquo;à celui d&rsquo;une éventuelle remise en cause de cet accord.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La compétence du juge administratif en matière de gestion du domaine privé d’une personne publique</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Il ressort de la jurisprudence, aujourd’hui constante, que le contentieux relatif aux délibérations portant modification du périmètre ou de la consistance du domaine privé d’une personne publique, ne se rapporte pas à la gestion de ce domaine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, la contestation d’un tel acte relève de l’exclusive compétence du juge administratif (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000047329193" target="_blank" rel="noreferrer noopener">TC, 13 mars 2023,&nbsp;<em>SARL Boucherie Cannoise c/ Commune de Cannes</em>, n° C4260</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de la nature privée du contrat de vente d’une parcelle appartenant à une personne publique, le juge administratif est compétent pour statuer sur les recours dirigés contre les délibérations relatives, par exemple, à la cession d’un bien appartenant à leur domaine privé.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vente parfaite d&rsquo;un bien d&rsquo;une personne publique et droit acquis</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Notion de vente parfaite</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En droit, l’article <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006441308" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1583 du code civil</a> dispose que la vente «&nbsp;<em>est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur, dès qu’on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé.</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dès que les parties ont convenu du prix et de la chose, la vente est parfaite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette règle s’applique intégralement dans le cadre d’une vente ou de l’acquisition d’une parcelle par une personne publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attention, en application des principes de la domanialité publique, les biens du domaine public sont inaliénables (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361404" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 3111-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>), de sorte que ces biens, sans sortie préalable du domaine public, ne peuvent, en principe, faire l’objet d’une cession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, les biens privés des personnes publiques sont gérés librement conformément aux dispositions de l’<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006428789" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 537 du code civil&nbsp;</a>(<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006361330" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 2221-1 du code général de la propriété des personnes publiques</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, il est, habituellement, jugé que dès qu’une délibération communale est adoptée pour une cession du domaine privé,&nbsp;sans aucune condition, le juge estime que la vente est parfaite, la vente est ainsi&nbsp;acquise (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000034205964/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 15 mars 2017,&nbsp;<em>Société Bowling du Hainaut</em>, n° 393407</a>) :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>Il ressort des pièces du dossier que, par sa délibération du 11 septembre 2017, le conseil municipal de la commune de Moncé-en-Belin a décidé de vendre à M. et Mme E… la parcelle communale qui était clairement identifiée par sa référence cadastrale section AO n° 341, et dont la contenance de 156 m² était également précisée. La délibération comportait de plus la mention du prix de 1 200 euros auquel s’ajoutaient, à la charge de l’acquéreur, les frais d’acte. Aucune condition particulière n’était mentionnée dans la délibération du conseil municipal du 11 septembre 2017. Par ailleurs, par un courrier du 4 septembre 2017, M. et Mme E… avaient expressément donné leur accord pour la vente de la parcelle AO n° 341 à ces mêmes conditions. Il résulte de l’ensemble de ces circonstances qu’une vente parfaite devait être regardée comme ayant été conclue entre les parties, de sorte que la délibération du 11 septembre 2017 a créé des droits au profit des acquéreurs et ne pouvait faire l’objet d’un retrait que dans un délai de quatre mois et à condition qu’elle soit illégale </em>» (<a href="https://www.google.com/search?client=safari&amp;rls=en&amp;q=CAA+Nantes%2C+11+juin+2021%2C+n%C2%B0+20NT02617&amp;ie=UTF-8&amp;oe=UTF-8">CAA Nantes, 11 juin 2021, n° 20NT02617</a>).</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce principe est, encore récemment, rappelé par le Conseil d&rsquo;Etat :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>« <em>La délibération d&rsquo;un conseil municipal autorisant, décidant ou approuvant la vente de biens immobiliers relevant de son domaine privé au profit d&rsquo;un tiers constitue un acte créateur de droits dès lors que les parties ont marqué leur accord sur l&rsquo;objet et les conditions financières de l&rsquo;opération, alors même que la vente faisant l&rsquo;objet de cet accord serait assortie de conditions résolutoires, dont le défaut de réalisation emporte la résolution de la vente. Toutefois, lorsque de telles conditions ont été posées, et à l&rsquo;exception de celles stipulées au seul bénéfice de l&rsquo;acheteur qui peut librement y renoncer, les droits conférés à l&rsquo;acheteur ne lui demeurent acquis que pour autant que ces conditions ont été réalisées ou sont encore susceptibles de l&rsquo;être dans le délai imparti ou, en l&rsquo;absence de mention en ce sens, dans un délai raisonnable</em> » (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000054139048?fonds=CETAT&amp;juridiction=CONSEIL_ETAT&amp;page=1&amp;pageSize=10&amp;searchField=ALL&amp;searchType=ALL&amp;sortValue=DATE_DESC&amp;tab_selection=cetat" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE, 26 mai 2026, n° 503135</a>).</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">A l’inverse :</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;<em>Considérant que, par délibération du 26 mai 2003, le conseil municipal de Saint-Leu a décidé la vente à M. X d&rsquo;une partie d&rsquo;environ 900 m2, dont la superficie exacte serait déterminée après réalisation d&rsquo;un document d&rsquo;arpentage, de la parcelle communale cadastrée CQ 243 d&rsquo;une surface de 7 530 m2, au prix de 35 euros le mètre carré, ainsi que « d&rsquo;autoriser le maire à signer tout document se rapportant à cette affaire, notamment les compromis et acte à venir » ; qu&rsquo;en raison de l&rsquo;indétermination de l&rsquo;objet et du prix de la vente projetée portant sur un terrain dont ni la localisation exacte ni la superficie n&rsquo;ont été définis, la délibération du 26 mai 2003 n&rsquo;a créé aucun droit au profit de M. X ; que par suite le conseil municipal pouvait légalement retirer cette délibération même en dehors du délai de quatre mois suivant son édiction ; qu&rsquo;en conséquence, alors même qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait pas été obtenue par fraude, en retirant la délibération du 26 mai 2003 en dehors de ce délai, le conseil municipal de Saint-Leu n&rsquo;a entaché la délibération du 10 juin 2008 d&rsquo;aucune illégalité</em>&nbsp;» (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000025908722" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CAA Bordeaux, 10 mai 2012, n° 11BX01264</a>).</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Par principe, donc, la vente, en l’état de la jurisprudence est parfaite dès qu’un accord est trouvé sur le prix et l’identification de la parcelle sous réserve de l’absence de condition particulière relative à la réalisation de ladite vente.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Conséquences attachées à l’identification d’une vente parfaite</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le caractère parfait de la vente a pour effet de créer un droit au profit de l’acquéreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, la délibération autorisant la vente vaut décision individuelle créatrice de droits avec les conséquences juridiques attachées, notamment, celles relatives au délai de retrait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031367681" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 242-1 du code des relations entre le public et l’administration</a>&nbsp;précise que&nbsp;<em>« L&rsquo;administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s&rsquo;il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui veut dire en d’autres termes qu’en l’absence de conditions suspensives non réalisées, une collectivité territoriale ne peut retirer une délibération autorisant la cession d’un bien de son domaine privé qu’à la double condition que :</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; cette délibération soit illégale ;</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; le retrait intervienne dans le délai de 4 mois suivant son édiction.</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Incidence des conditions suspensives sur la caractérisation d’une vente parfaite</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Bien évidemment, une vente peut être assortie de conditions dites «&nbsp;suspensives&nbsp;», dont la réalisation peut affecter la vente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, la question qui se pose est de savoir si l’existence de telles conditions permet ou non de considérer qu’une vente n’est pas parfaite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cette question, le Conseil d’Etat apporte une réponse équilibrée dans son arrêt du 16 mars 2026 (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053684461?init=true&amp;page=1&amp;query=493615&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 493615</a>), qui précise les conditions dans lesquelles une telle délibération peut être abrogée et, donc, les conditions dans lesquelles une telle délibération vaut vente parfaite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette affaire, le conseil municipal de Case-Pilote (Martinique) avait, par délibération du 14 novembre 2019, approuvé la vente à la société JKB de deux parcelles relevant du domaine privé de la commune, sur la base d’une offre d’achat assortie de plusieurs conditions suspensives. Par une délibération du 22 juin 2020, le même conseil municipal a retiré sa délibération approuvant la vente.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, la cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé la légalité de ce retrait, en jugeant que la délibération initiale n’était pas créatrice de droits puisque la vente n’était pas parfaite faute de réalisation des conditions suspensives. La société JKB s’est pourvue en cassation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saisi en cassation, le Conseil d’Etat juge, dans un considérant de principe&nbsp;:&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em> la délibération d’un conseil municipal autorisant, décidant ou approuvant la vente de biens immobiliers relevant de son domaine privé au profit d’un tiers constitue un acte créateur de droits dès lors que les parties ont marqué leur accord sur l’objet et les conditions financières de l’opération, alors même que la vente faisant l’objet de cet accord serait assortie de conditions suspensives</em> ».</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, le Conseil d’Etat étend désormais cette qualification à l’hypothèse où la vente est assortie de conditions suspensives, en s’alignant, en définitive, sur la jurisprudence civile (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000034171625/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cass. 3e civ., 9 mars 2017, n° 15-26.182</a>&nbsp;;&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000030630667/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cass. 3e civ., 20 mai 2015, n° 14-11.851</a>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, les conditions suspensives ne remettent pas en cause le caractère parfait de la vente, mais peuvent la rendre caduque en cas de défaillance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le maintien des droits acquis à l’acheteur est subordonné à la réalisation des conditions suspensives</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d’Etat assortit toutefois ce principe d’une importante réserve :&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em> lorsque de telles conditions ont été posées, et à l’exception de celles stipulées au seul bénéfice de l’acheteur, qui peut librement y renoncer, les droits conférés à l’acheteur ne lui demeurent acquis que pour autant qu’elles ont été remplies ou sont encore susceptibles de l’être dans le délai imparti ou, en l’absence de mention en ce sens, dans un délai raisonnable</em> ».</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte que les droits nés de la délibération sont précaires tant que les conditions suspensives n’ont pas été levées.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre hypothèses sont à distinguer :&nbsp;</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; les conditions sont au seul bénéfice de l’acheteur qui est libre d’y renoncer&nbsp;;</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; les conditions ont été remplies et les droits de l’acheteur sont définitivement acquis ;&nbsp;</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; les conditions ne sont pas encore remplies mais demeurent susceptibles de l’être dans le délai contractuellement imparti ou, à défaut, dans un délai raisonnable, et les droits de l’acheteur subsistent ;&nbsp;</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; les conditions ne sont pas remplies et ne peuvent plus l’être, et les droits cessent d’être acquis à l’acheteur, sous réserve, lorsque la condition est stipulée à son seul bénéfice, de la faculté pour celui-ci d’y renoncer (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000036829859" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 1304-4 du code civil</a>).</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrement dit, lorsque les conditions suspensives ne sont pas remplies et sont insusceptibles de l’être dans le délai imparti ou dans un délai raisonnable, le Conseil d’Etat juge que la commune peut, sur le fondement de l’article&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031367659" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 242-2 du code des relations entre le public et l’administration</a>, abroger sa délibération initiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Absence de réalisation des conditions et pouvoir d’abrogation</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031367659" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’article L. 242-2, 1°</a>&nbsp;code des relations entre le public et l’administration&nbsp;permet à l’administration d’abroger sans condition de délai «&nbsp;<em>une décision créatrice de droits dont le maintien est subordonné à une condition qui n’est plus remplie</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et, pour le Conseil d’Etat, la défaillance des conditions suspensives stipulées dans l’offre d’achat constitue précisément une telle condition non remplie de sorte que le recours à l’abrogation est possible&nbsp;sans condition de délai et par dérogation à la jurisprudence Ternon (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000008072768/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CE Ass., 26 octobre 2001, n° 197018</a>) codifiée à l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031367657" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 242-1</a>&nbsp;du code des relations entre le public et l’administration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En toute hypothèse, la jurisprudence du Conseil d’Etat appelle les collectivités publiques à la vigilance, tant au stade de l&rsquo;accord donné à la cession d&rsquo;un bien de leur domaine privé qu&rsquo;au stade, plus délicat encore, où elles entendent remettre cet accord en cause pour des motifs propres ou en raison des hésitations de l&rsquo;acquéreur.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/vente-parfaite-bien-domaine-prive-personne-publique-conditions/">Vente parfaite d&rsquo;un bien du domaine privé d&rsquo;une personne publique : sous quelles conditions ?</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vidéoprotection augmentée et collectivités : l&#8217;innovation à l&#8217;épreuve d&#8217;un cadre juridique à clarifier</title>
		<link>https://richeravocats.fr/videoprotection-augmentee-collectivites-cadre-juridique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anguerrand Colombet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 12:40:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Collectivités territoriales & intercommunalité]]></category>
		<category><![CDATA[Police administrative]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://richeravocats.fr/?p=4307</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les collectivités territoriales sont, depuis une dizaine d&#8217;années, à la pointe de l&#8217;innovation en matière de sécurité urbaine. À la vidéoprotection classique succèdent désormais des dispositifs « augmentés » : vidéosurveillance algorithmique (VSA), détection automatique d&#8217;événements, capteurs sonores couplés aux caméras, lecture automatisée de plaques d&#8217;immatriculation, drones. Les maires y voient un outil de démultiplication&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/videoprotection-augmentee-collectivites-cadre-juridique/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Vidéoprotection augmentée et collectivités : l&#8217;innovation à l&#8217;épreuve d&#8217;un cadre juridique à clarifier</span></a></p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/videoprotection-augmentee-collectivites-cadre-juridique/">Vidéoprotection augmentée et collectivités : l&rsquo;innovation à l&rsquo;épreuve d&rsquo;un cadre juridique à clarifier</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les collectivités territoriales sont, depuis une dizaine d&rsquo;années, à la pointe de l&rsquo;innovation en matière de sécurité urbaine. À la vidéoprotection classique succèdent désormais des dispositifs « augmentés » : vidéosurveillance algorithmique (VSA), détection automatique d&rsquo;événements, capteurs sonores couplés aux caméras, lecture automatisée de plaques d&rsquo;immatriculation, drones. Les maires y voient un outil de démultiplication de l&rsquo;action de leurs polices municipales, dans un contexte de tension sur les effectifs et d&rsquo;attentes croissantes des administrés en matière de tranquillité publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La campagne des élections municipales de 2026 a été l’occasion, pour certains candidats, de promouvoir la vidéosurveillance assistée par intelligence artificielle, désormais au cœur du <a href="https://www.lagazettedescommunes.com/1008276/videoprotection-et-ia-les-francais-et-leurs-maires-sont-daccord/">débat </a><a href="https://www.lagazettedescommunes.com/1008276/videoprotection-et-ia-les-francais-et-leurs-maires-sont-daccord/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">local</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet engouement pour la vidéosurveillance augmentée se heurte cependant à un cadre juridique éclaté et largement antérieur aux technologies déployées, rappelé par la <a href="https://cnil.fr/fr/cameras-augmentees-espaces-publics#:~:text=Les%20risques%20pour%20les%20droits%20et%20libert%C3%A9s%20individuels&amp;text=Ces%20nouveaux%20outils%20vid%C3%A9o%20peuvent,d'images%20int%C3%A9gr%C3%A9s%20aux%20cam%C3%A9ras." target="_blank" rel="noreferrer noopener">CNIL</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le code de la sécurité intérieure, le RGPD, la loi « Informatique et Libertés » et les lois sectorielles récentes (loi du 19 mai 2023 dite « JO 2024 »), le maire qui souhaite expérimenter se trouve face à une mosaïque de textes dont aucun ne tranche frontalement la question de la légalité des dispositifs les plus innovants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette imprécision laisse au juge administratif une marge d&rsquo;appréciation considérable, comme l&rsquo;illustre le jugement rendu par le <a href="https://justice.pappers.fr/decision/584b80884dbadb4411269c82df191af5af8bb44c" target="_blank" rel="noreferrer noopener">tribunal administratif d&rsquo;Orléans le 12 juillet 2024</a> ou encore le Conseil d&rsquo;État du 30 janvier 2026 (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-01-30/506370" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 506370</a>) et la Cour administrative d’appel de Nantes du 6 mars 2026 (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656?init=true&amp;page=1&amp;query=24NT01809&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 24NT01809</a>). </p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une demande légitime d&rsquo;innovation portée par les collectivités</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement des dispositifs « intelligents » répond d&rsquo;abord à une logique d&rsquo;efficacité opérationnelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une caméra classique, même reliée à un Centre de supervision urbaine (CSU), suppose une attention humaine continue qu&rsquo;aucune collectivité ne peut financer sur l&rsquo;ensemble de ses flux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En théorie, l&rsquo;apport des technologies récentes consiste précisément à orienter le regard de l&rsquo;opérateur : la caméra ne « voit » pas mieux, mais elle signale ce qui mérite d&rsquo;être regardé. C&rsquo;est cette logique d&rsquo;alerte ciblée qui sous-tend tant la VSA — détection de comportements anormaux, de regroupements, d&rsquo;objets abandonnés — que les dispositifs de détection sonore expérimentés dans plusieurs villes françaises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dispositifs présentent, pour les élus locaux, un double intérêt.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;une part, ils permettent de tirer un meilleur parti des parcs de caméras existants, dont l&rsquo;efficacité réelle est régulièrement contestée.&nbsp;D&rsquo;autre part, ils s&rsquo;inscrivent dans une logique de prévention : capter un bris de vitre, une détonation ou un cri permet d&rsquo;orienter immédiatement une patrouille, là où la vidéoprotection classique n&rsquo;intervient qu&rsquo;a posteriori.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La demande est donc moins celle d&rsquo;une surveillance accrue que d&rsquo;une surveillance plus pertinente, efficiente — promesse, du reste, que portent les industriels du secteur, en pleine expansion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le législateur a, ponctuellement, reconnu cette demande. La loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 relative aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 a ainsi autorisé, à titre expérimental et jusqu&rsquo;au 31 mars 2025, le recours à la VSA pour la détection d&rsquo;événements prédéterminés à l&rsquo;occasion de manifestations sportives, récréatives ou culturelles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette ouverture, étroitement bornée dans le temps et dans son objet, ne couvre ni la détection sonore, ni l&rsquo;usage pérenne de la VSA par les communes hors grands événements. Pour l&rsquo;essentiel, les collectivités restent donc renvoyées aux textes généraux.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une imprécision législative qui transfère, en l’état, l&rsquo;arbitrage au juge &#8211; la lecture extensive de la notion de « traitement de données personnelles »</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le jugement </strong><a href="https://justice.pappers.fr/decision/584b80884dbadb4411269c82df191af5af8bb44c" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Tribunal administratif d’Orléans du 12 juillet 2024</strong></a><strong> illustre cette difficulté</strong>.</h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">La commune concernée avait conclu, le 12 octobre 2021, une convention avec un industriel spécialisé en vue d&rsquo;expérimenter des capteurs sonores couplés à son réseau de vidéoprotection. Le dispositif, techniquement remarquable de sobriété, ne procédait à aucun enregistrement ni à aucune retransmission : les sons captés étaient découpés en échantillons de l&rsquo;ordre de dix millisecondes et comparés, en temps réel, à une bibliothèque de sons recherchés (bris de vitre, détonations, cris). En cas de correspondance, la caméra associée s&rsquo;orientait vers la source et un signal était émis à destination de l&rsquo;opérateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout le débat tenait à la qualification : ce système constituait-il un traitement de données à caractère personnel au sens du RGPD et de la loi du 6 janvier 1978 ? La commune soutenait, non sans force, que le capteur n&rsquo;enregistrait rien, n&rsquo;identifiait personne et ne faisait que provoquer un mouvement mécanique de caméra. Le tribunal a néanmoins jugé que, dès lors que les capteurs étaient « couplés » aux caméras — ce que la convention prévoyait expressément — l&rsquo;ensemble permettait, <em>in fine</em>, d&rsquo;identifier les personnes situées à proximité du bruit anormal, et constituait, donc, un traitement de données personnelles soumis aux exigences de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037822950" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article 5 de la loi de 1978</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le raisonnement est juridiquement défendable, mais il opère un glissement notable : la qualification de « traitement » ne tient plus aux caractéristiques propres du capteur sonore, intrinsèquement non identifiant, mais à son interaction avec un autre dispositif. Cette appréciation fonctionnelle et finaliste — c&rsquo;est le résultat global du système qui compte — élargit considérablement le champ du RGPD. Elle revient à dire que toute brique technologique, même non intrusive prise isolément, devient un traitement de données personnelles dès lors qu&rsquo;elle s&rsquo;inscrit dans un écosystème vidéo.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en résulte, pour les collectivités, que quasi toute innovation périphérique à la vidéoprotection est susceptible d&rsquo;être saisie par les exigences du RGPD.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La déception est, à cet égard, légitime : pris indépendamment, chacun des éléments du dispositif orléanais — vidéoprotection habilitée par l&rsquo;article <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 251-2 du code de la sécurité intérieure</a>, capteurs sonores non identifiants — disposait d&rsquo;un cadre juridique propre. C&rsquo;est le seul couplage qui a été traité comme un dispositif sui generis appelant une habilitation spécifique, alors même qu&rsquo;il n&rsquo;ajoutait aucune atteinte supplémentaire, en matière de protection des données personnelles, à celles déjà admises pour chacune de ses composantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Cette solution dégagée à Orléans a trouvé un prolongement décisif dans l&rsquo;arrêt rendu par le Conseil d&rsquo;État le 30 janvier 2026 (<a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-01-30/506370" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n° 506370</a>). </p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le Conseil d&rsquo;État (</strong><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-01-30/506370" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>n° 506370</strong></a><strong>) confirme cette analyse</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Était en cause, dans cette affaire, un traitement algorithmique, dénommé « zone d&rsquo;intrusion entrées des écoles », destiné à détecter en temps réel, de manière continue et automatisée, le stationnement irrégulier de véhicules aux abords des établissements scolaires et à alerter la police municipale. Les faits et le dispositif diffèrent largement de ceux de la décision précitée du tribunal administratif d’Orléans, mais la prudence judiciaire est restée identique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saisie d&rsquo;un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la délibération de la CNIL du 15 mai 2025, qui avait estimé un tel dispositif dépourvu de base légale, la Commune développait une lecture extensive de l&rsquo;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article L. 251-2 du code de la sécurité intérieure</a>, à savoir que l&rsquo;habilitation à mettre en œuvre des systèmes de vidéoprotection sur la voie publique emporterait la faculté d&rsquo;en analyser algorithmiquement les images.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le Conseil d&rsquo;État les dispositions de l&rsquo;article <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 251-2 du code de la sécurité intérieure</a>, « si elles permettent la mise en œuvre de systèmes de vidéosurveillance des voies publiques, ne sauraient, dans leur silence, être interprétées comme autorisant la mise en œuvre de traitements algorithmiques permettant une analyse systématique et automatisée des images collectées dans des espaces publics au moyen de tels systèmes ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Surtout, le Conseil d&rsquo;État rappelle qu’« aucune autre disposition n&rsquo;autorise, par ailleurs, la mise en œuvre de tels traitements ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par cet arrêt, le Conseil d&rsquo;État érige en règle de principe l&rsquo;exigence d&rsquo;une base légale explicite et spécifique pour toute superposition d&rsquo;un traitement algorithmique à un système de vidéoprotection de la voie publique, et consacre l&rsquo;idée que le silence du législateur ne vaut pas habilitation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que l&rsquo;analogie avec la solution dégagée à Orléans est frappante : dans les deux cas, c&rsquo;est l&rsquo;absence d&rsquo;un texte sectoriel dédié — et non la nature intrinsèque du dispositif — qui scelle son sort.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, le Conseil d&rsquo;État généralise désormais cette logique à l&rsquo;ensemble des dispositifs de VSA appliqués à la voie publique, alors que le tribunal d&rsquo;Orléans s&rsquo;était prononcé sur un système hybride mêlant captation sonore et orientation de caméras.&nbsp;</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>L’application claire de la solution du </strong><a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-01-30/506370" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Conseil d&rsquo;État</strong></a><strong> par la Cour administrative d&rsquo;appel de Nantes (</strong><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/ceta/id/CETATEXT000053635656?init=true&amp;page=1&amp;query=24NT01809&amp;searchField=ALL&amp;tab_selection=all" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>CAA Nantes, 6 mars 2026, n° 24NT01809</strong></a><strong>). </strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Était cette fois en cause une délibération du conseil municipal de Vannes du 11 octobre 2021, par laquelle la commune avait ouvert une autorisation de programme de deux millions d&rsquo;euros sur quatre ans en vue d&rsquo;étendre son réseau de vidéoprotection et de l&rsquo;adapter aux « développements de l&rsquo;intelligence artificielle ». La délibération, contestée par un administré, ne portait donc pas directement sur la mise en œuvre d&rsquo;un traitement algorithmique déterminé, mais sur l&rsquo;autorisation budgétaire et programmatique destinée à en permettre le déploiement futur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour annule partiellement la délibération en tant qu&rsquo;elle prévoit cette adaptation aux développements de l&rsquo;intelligence artificielle, en reprenant à son compte le considérant de principe du <a href="https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2026-01-30/506370" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Conseil d&rsquo;État</a> : aucune disposition du code de la sécurité intérieure n&rsquo;autorise, en l&rsquo;état, la mise en œuvre de traitements algorithmiques d&rsquo;analyse systématique et automatisée des images collectées sur la voie publique, et le silence du législateur ne saurait être interprété comme valant habilitation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La sanction est concrète : ce n&rsquo;est plus seulement le déploiement opérationnel d&rsquo;un dispositif qui est jugé illégal, mais également l&rsquo;acte budgétaire qui en finance la préparation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, il ne suffit pas d&rsquo;attendre la mise en service du dispositif pour qu&rsquo;un recours puisse prospérer. La seule expression d&rsquo;une intention d&rsquo;investir dans la VSA, portée par une délibération suffisamment précise, peut désormais être attaquée avec succès. C&rsquo;est dire l&rsquo;étendue du verrou posé par le couple Conseil d&rsquo;État – cour administrative d&rsquo;appel et l&rsquo;urgence, pour le législateur, d&rsquo;y apporter la réponse qui lui revient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La frontière entre vidéoprotection « classique » et vidéoprotection « augmentée » se trouve, en l&rsquo;état du droit, tracée d&rsquo;une main ferme : la première est permise par l&rsquo;article L. 251-2 du code de la sécurité intérieure ; la seconde appelle un texte propre, dont l&rsquo;exemple ponctuel demeure, à ce jour, celui de l&rsquo;expérimentation prévue par la loi du 19 mai 2023 pour les seuls Jeux Olympiques et Paralympiques.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une base légale introuvable pour fonder le recours à la vidéoprotection « augmentée », faute de cadre dédié</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois la qualification de traitement retenue, les juridictions administratives écartent toutes les hypothèses avancées par les collectivités. C&rsquo;est à cette étape que se joue, en réalité, le sort des dispositifs : la confrontation entre un intérêt public légitimement invoqué et l&rsquo;absence d&rsquo;un fondement légal suffisamment clair et précis pour le porter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tribunal administratif d&rsquo;Orléans avait, le premier, donné le ton. Saisi de la détection sonore couplée expérimentée par la commune, il écarte toutes les bases de licéité de l&rsquo;article 5 de la loi du 6 janvier 1978, et notamment celle — qui aurait pu prospérer — de la mission d&rsquo;intérêt public attachée aux pouvoirs de police générale du maire (articles L. 2212-1 et suivants du code général des collectivités territoriales). Il juge que le dispositif, à le supposer utile à l&rsquo;exercice de ces pouvoirs, ne peut être regardé comme « nécessaire » à leur exercice. La nuance est décisive : la nécessité, au sens du RGPD, suppose l&rsquo;absence d&rsquo;alternative moins intrusive, exigence à laquelle un dispositif expérimental peut difficilement satisfaire par construction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil d&rsquo;État, dans son arrêt du 30 janvier 2026, élève ce raisonnement au rang de principe et en déplace le point d&rsquo;application. Là où le tribunal d&rsquo;Orléans avait examiné, base par base, les fondements de licéité du dispositif, la Haute juridiction, face à un dispositif de traitement algorithmique d&rsquo;analyse systématique et automatisée des images de la voie publique se place en amont et juge que l&rsquo;article L. 251-2 du code de la sécurité intérieure ne saurait, dans son silence, fonder à lui seul un tel traitement algorithmique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n&rsquo;est plus de savoir quelle base de licéité mobiliser : c&rsquo;est l&rsquo;existence même d&rsquo;une habilitation législative qui fait défaut.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, la précision selon laquelle cette solution s&rsquo;impose « alors même » que le dispositif ne relèverait pas d&rsquo;un système d&rsquo;intelligence artificielle « à haut risque » au sens du règlement (UE) 2024/1689 ferme, du même coup, la voie d&rsquo;un repli sur le droit européen : l&rsquo;absence de qualification européenne ne supplée pas l&rsquo;exigence d&rsquo;une base légale nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour administrative d&rsquo;appel de Nantes achève ce mouvement en lui donnant son plein effet pratique. En annulant la délibération vannetaise du 11 octobre 2021, elle juge que l&rsquo;absence de base légale ne s&rsquo;oppose pas seulement à la mise en œuvre opérationnelle d&rsquo;un traitement algorithmique : elle s&rsquo;oppose déjà à l&rsquo;autorisation budgétaire et programmatique qui en prépare le déploiement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aucune base légale ne peut, en l&rsquo;état, être invoquée à quelque stade que ce soit de la chaîne de décision : ni au stade de l&rsquo;expression de l&rsquo;intention politique, ni au stade de l&rsquo;engagement financier, ni au stade de la mise en service du dispositif.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le constat est dès lors d&rsquo;une grande netteté&nbsp;: la vidéoprotection « augmentée » appelle un texte propre et spécifique.</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En l’état du droit, à défaut d’un tel texte propre et spécifique, ni les pouvoirs de police du maire, ni la mission d&rsquo;intérêt public générale, ni l&rsquo;article <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047569457" target="_blank" rel="noreferrer noopener">L. 251-2 du code de la sécurité intérieure</a>, ni le silence du législateur ne sauraient en tenir lieu. La seule habilitation aujourd&rsquo;hui disponible demeure celle, expérimentale et bornée, concédée par la loi du 19 mai 2023 pour les seuls Jeux Olympiques et Paralympiques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verrou ne sera levé qu&rsquo;au prix d&rsquo;une intervention législative expressément dédiée à la vidéoprotection « augmentée » des espaces publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et le législateur est bien conscient de cette nécessité, prenant à bras le corps la problématique.<br><br><strong><u>Premièrement</u></strong>, une <a href="https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl25-402.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">proposition de loi visant à encadrer l&rsquo;utilisation par les commerçants d&rsquo;outils d&rsquo;analyse vidéo automatique pour lutter contre le vol</a> est en cours de discussion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><u>Deuxièmement</u></strong>, le <a href="https://www.senat.fr/leg/tas25-118.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet de loi RIPOST</a> pour « Réponses immédiates aux phénomènes troublant l&rsquo;ordre public », qui intègre notamment un volet relatif à l&rsquo;utilisation de la vidéosurveillance algorithmique, a été adopté le 26 mai 2026 par le Sénat.Ainsi se dessine le paradoxe de la vidéoprotection augmentée : promue dans l&rsquo;arène municipale, où elle s&rsquo;est imposée comme un thème récurrent des campagnes locales, elle ne pourra prospérer que par la main du législateur national, seul détenteur de la clé d&rsquo;habilitation que les juridictions administratives exigent désormais.</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/videoprotection-augmentee-collectivites-cadre-juridique/">Vidéoprotection augmentée et collectivités : l&rsquo;innovation à l&rsquo;épreuve d&rsquo;un cadre juridique à clarifier</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Véhicules de collection : le « matching numbers » est un élément essentiel du contrat de vente</title>
		<link>https://richeravocats.fr/vehicules-collection-matching-numbers-element-essentiel-contrat-vente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anguerrand Colombet]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 15:26:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Cour d&#8217;appel de Bordeaux consacre, dans un arrêt du 11 juillet 2024, la force obligatoire des qualités substantielles annoncées lors de la vente d&#8217;un véhicule de collection. En qualifiant le caractère « matching numbers » d&#8217;élément essentiel du contrat, la Cour prononce la résolution de la vente d&#8217;une Maserati Indy 1969 et envoie un&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/vehicules-collection-matching-numbers-element-essentiel-contrat-vente/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Véhicules de collection : le « matching numbers » est un élément essentiel du contrat de vente</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La Cour d&rsquo;appel de Bordeaux consacre, dans un arrêt du 11 juillet 2024, la force obligatoire des qualités substantielles annoncées lors de la vente d&rsquo;un véhicule de collection. En qualifiant le caractère « matching numbers » d&rsquo;élément essentiel du contrat, la Cour prononce la résolution de la vente d&rsquo;une Maserati Indy 1969 et envoie un signal clair à l&rsquo;ensemble des acteurs du marché.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h1 class="wp-block-heading">Les faits : une Maserati Indy vendue comme « matching numbers »</h1>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 2018, un particulier confie à un professionnel du négoce de véhicules de collection un mandat d&rsquo;acquisition portant sur une Maserati Indy 4,2 L de 1969. La condition est explicite : le véhicule doit présenter la caractéristique dite&nbsp;<em>« matching numbers »</em>, c&rsquo;est-à-dire que le numéro de châssis et le numéro de moteur doivent être d&rsquo;origine et concordants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En septembre 2018, le mandataire acquiert à distance, pour 50 000 euros, un véhicule qui lui est présenté comme répondant à ces critères. La réalité est tout autre : à la réception du véhicule, il apparaît que le numéro d&rsquo;identification du moteur a été meulé et que l&rsquo;engin ne dispose donc pas du caractère « matching numbers » attendu. Le vendeur, mis en demeure de rembourser le prix, refuse. Une expertise amiable confirme l&rsquo;absence de cette caractéristique. L&rsquo;affaire est portée devant le tribunal judiciaire de Bordeaux, dont le jugement du 2 février 2021 prononce la résolution de la vente. Frappé d&rsquo;appel par le vendeur, ce jugement est intégralement confirmé par la Cour d&rsquo;appel de Bordeaux le 11 juillet 2024.</p>



<h1 class="wp-block-heading">Le raisonnement de la Cour : la qualité annoncée s&rsquo;incorpore au contrat</h1>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour fonde sa décision sur l&rsquo;obligation de délivrance conforme prévue à l&rsquo;article 1604 du Code civil, aux termes duquel tout vendeur est tenu de remettre à l&rsquo;acheteur une chose conforme aux spécifications convenues.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><em>« Le caractère « matching numbers » avait été clairement indiqué par le vendeur lors des échanges précontractuels et constituait un élément essentiel du contrat. La bonne foi du vendeur ne l&rsquo;exonère pas de son obligation de délivrance conforme. »</em></p><cite><a href="https://www.courdecassation.fr/decision/6690c7320d808eb34e455444?judilibre_juridiction=ca&amp;op=Rechercher%20sur%20judilibre&amp;search_api_fulltext=%22548%22%20%22Code%20de%20proc%C3%A9dure%20civile%22&amp;page=7&amp;previousdecisionpage=7&amp;previousdecisionindex=8&amp;nextdecisionpage=8&amp;nextdecisionindex=0" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cour d&rsquo;appel de Bordeaux, 2e ch. civ., 11 juillet 2024, N° RG 21/02143</a></cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour écarte avec précision l&rsquo;argument du vendeur selon lequel le meulage du numéro de moteur aurait été visible à la simple ouverture du capot, et que l&rsquo;acheteur professionnel aurait dû le déceler lors de la prise de possession. Elle relève que la vente a été conclue à distance, que les photographies communiquées ne permettaient pas de déceler l&rsquo;effacement, et que la vérification du numéro d&rsquo;identification du moteur nécessite des investigations spécifiques.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h1 class="wp-block-heading">Une distinction fondamentale : vices apparents et manquement à l&rsquo;obligation de délivrance conforme</h1>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des apports les plus structurants de cet arrêt est la distinction clairement opérée entre deux régimes distincts. Le régime des vices apparents, qui permet au vendeur de s&rsquo;exonérer de sa responsabilité lorsque le défaut était décelable lors de la prise de possession, ne s&rsquo;applique pas lorsque le litige porte sur l&rsquo;obligation de délivrance conforme. Cette distinction est décisive : la conformité aux qualités substantielles annoncées n&rsquo;est pas une garantie contre les défauts cachés, mais une obligation primaire du vendeur, indépendante du caractère apparent ou non du manquement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu&rsquo;il faut, donc, retenir : </strong></p>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; <strong>Le caractère </strong>« matching numbers » expressément stipulé dans le mandat d&rsquo;achat est qualifié d&rsquo;élément essentiel du contrat — toute inexactitude sur ce point justifie la résolution de la vente.</li><li>&#8211; <strong>La bonne foi du vendeur</strong> ne l&rsquo;exonère pas de son obligation de délivrance conforme : il garantit les qualités qu&rsquo;il a annoncées, qu&rsquo;il en ait personnellement eu connaissance ou non.</li><li>&#8211; <strong>La vente à distance</strong> et l&rsquo;impossibilité de vérification technique au moment de la transaction neutralisent l&rsquo;argument du vice apparent.</li><li>&#8211; <strong>Le caractère professionnel de l&rsquo;acheteur</strong> ne crée pas de présomption d&rsquo;acceptation tacite d&rsquo;un bien non conforme lorsque la non-conformité n&rsquo;était pas aisément détectable.</li><li>&#8211; <strong>Les frais accessoires</strong> (transport, gardiennage) sont mis à la charge du vendeur dès lors que leur lien avec la non-conformité est établi.</li></ul>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h1 class="wp-block-heading">Les conséquences pratiques pour les acteurs du marché</h1>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">Pour les acheteurs</h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Exiger que la caractéristique « matching numbers » soit expressément mentionnée dans l&rsquo;acte de vente ou le mandat d&rsquo;acquisition constitue une protection décisive. C&rsquo;est cette mention contractuelle qui, en cas de litige, permettra de qualifier la qualité annoncée d&rsquo;élément essentiel et d&rsquo;obtenir la résolution de la vente, avec restitution intégrale du prix.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour les vendeurs</h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Garantir le caractère « matching numbers » d&rsquo;un véhicule engage la responsabilité contractuelle indépendamment de la bonne foi. Il est donc impératif de faire vérifier cette caractéristique par un expert indépendant avant toute annonce ou négociation — et de ne pas avancer une qualité dont on n&rsquo;est pas certain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour les professionnels intermédiaires</h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Les mandataires et négociants en véhicules de collection ont tout intérêt à tracer avec soin les informations transmises par le vendeur sur les caractéristiques essentielles du véhicule, et à conseiller leurs clients sur les vérifications préalables à réaliser avant toute acquisition à distance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Point de vigilance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour rappelle qu&rsquo;une vente à distance comporte des risques spécifiques. Lorsque l&rsquo;acheteur ne peut physiquement inspecter le véhicule au moment de la vente, il ne saurait lui être opposé qu&rsquo;il aurait dû déceler une non-conformité qui n&rsquo;était pas objectivement détectable sans investigations spécifiques. Cette circonstance est désormais expressément intégrée dans l&rsquo;appréciation jurisprudentielle.</p>



<h1 class="wp-block-heading">Pourquoi cette décision est structurante pour le marché</h1>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Le marché des véhicules de collection se caractérise par des transactions portant sur des sommes souvent considérables, et par une asymétrie d&rsquo;information fréquente entre vendeurs et acheteurs. La notion de « matching numbers » est au cœur de la valorisation de ces biens : un véhicule dont le moteur est d&rsquo;origine est fondamentalement différent — et sensiblement plus précieux — d&rsquo;un véhicule dont le moteur a été remplacé ou dont le numéro a été altéré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En consacrant expressément le « matching numbers » comme élément essentiel du contrat dès lors qu&rsquo;il a été annoncé par le vendeur, la Cour d&rsquo;appel de Bordeaux offre aux acheteurs un levier juridique puissant et prévisible. Elle adresse également un signal clair aux vendeurs et aux professionnels du secteur : les qualités substantielles annoncées engagent, qu&rsquo;elles aient été certifiées ou simplement affirmées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision s&rsquo;inscrit dans une jurisprudence plus large sur la force obligatoire des qualités substantielles de la chose vendue, et constitue une référence utile pour quiconque est impliqué dans un litige portant sur la non-conformité d&rsquo;un bien à forte valeur patrimoniale.</p>
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		<title>Clés API Google et services d&#8217;IA : qui supporte le risque d&#8217;une faille que vous ignoriez ?</title>
		<link>https://richeravocats.fr/cles-api-google-services-ia-risque-faille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anguerrand Colombet]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 09:13:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des milliers d&#8217;entreprises découvrent des factures Google astronomiques pour des services d&#8217;IA qu&#8217;elles n&#8217;ont jamais commandés. En cause : une extension silencieuse des droits d&#8217;accès attachés à leurs clés API. Nous vous proposons ici un décryptage des leviers juridiques pour contester. Un changement technique aux conséquences imprévues De nombreuses entreprises utilisent les API Google —&#8230;&#160;<a href="https://richeravocats.fr/cles-api-google-services-ia-risque-faille/" rel="bookmark">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Clés API Google et services d&#8217;IA : qui supporte le risque d&#8217;une faille que vous ignoriez ?</span></a></p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/cles-api-google-services-ia-risque-faille/">Clés API Google et services d&rsquo;IA : qui supporte le risque d&rsquo;une faille que vous ignoriez ?</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Des milliers d&rsquo;entreprises découvrent des factures Google astronomiques pour des services d&rsquo;IA qu&rsquo;elles n&rsquo;ont jamais commandés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cause : une extension silencieuse des droits d&rsquo;accès attachés à leurs clés API. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vous proposons ici un décryptage des leviers juridiques pour contester.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un changement technique aux conséquences imprévues</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreuses entreprises utilisent les API Google — pour afficher des cartes, géolocaliser des données, intégrer des services tiers. La clé API qui leur est attribuée est, conformément aux recommandations de Google elle-même, intégrée dans le code source de leurs pages web. Elle y est donc visible. Cela n’a jamais posé de problème&nbsp;: elle ne donnait accès à rien de plus que le service pour lequel elle avait été configurée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le déploiement de Gemini, l’IA générative de Google, cette situation a changé — sans que les clients en aient été informés. Google a associé les droits d’accès à ses nouveaux services payants d’IA aux clés API existantes. Des tiers ont pu exploiter ces clés exposées pour consommer massivement ces services, laissant la facture aux entreprises victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène n’est pas marginal. En février 2026, des chercheurs en cybersécurité ont recensé près de 3&nbsp;000 clés API Google publiquement exposées et vulnérables à ce type d’exploitation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Google a depuis reconnu l’existence de la faille et annoncé des mesures correctives.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les fondements juridiques d&rsquo;une contestation</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Deux séries d’arguments méritent d’être examinées lorsqu’une entreprise se trouve dans cette situation.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le manquement à l’obligation d’information précontractuelle</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000032007138#:~:text=Celle%20des%20parties%20qui%20conna%C3%AEt,fait%20confiance%20%C3%A0%20son%20cocontractant." target="_blank" rel="noreferrer noopener">L’article 1112-1 du Code civil</a>&nbsp;impose à la partie qui détient une information déterminante de la communiquer à son cocontractant.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Google connaissait les conséquences techniques de l’activation de Gemini sur les clés API existantes — notamment sur celles qu’elle avait elle-même recommandé de rendre publiques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses clients n’avaient aucun moyen de l’anticiper.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’information sur ce changement de nature des clés API peut constituer un manquement contractuel.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Le caractère potentiellement abusif de la clause de modification unilatérale</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Les conditions générales de Google prévoient qu’elle peut modifier les caractéristiques de ses services, parfois sans délai de préavis pour ce qu’elle qualifie de «&nbsp;nouvelles fonctionnalités&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur ce fondement qu’a été opérée l’extension silencieuse des droits d’accès.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or une clause qui autorise une partie à modifier unilatéralement l’équilibre du contrat, sans information effective de l’autre, est susceptible d’être qualifiée d’abusive.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Les entreprises peuvent bénéficier du droit de la consommation&nbsp;</strong></h3>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Sur ce terrain, les entreprises disposent d’un argument souvent méconnu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cour de cassation a jugé que le droit de la consommation — qui offre une protection plus étendue contre les clauses abusives — peut bénéficier à une personne morale professionnelle, à condition que le contrat en cause n’entre pas dans le champ de son activité principale (<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000047482771" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Cass., 13 avril 2023, n°&nbsp;21-23.312</a>).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, une entreprise dont l’activité principale est étrangère aux technologies de l’information peut se prévaloir du Code de la consommation dans un litige portant sur un contrat d’API Google, quand bien même elle est une personne morale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’en cas de contrat directement lié à son cœur de métier que cette protection lui serait refusée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les entreprises qui ne relèveraient pas de cette catégorie, le Code de commerce offre une protection parallèle&nbsp;à savoir&nbsp;<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038414278/2026-04-29" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’article L.&nbsp;442-1</a>&nbsp;qui sanctionne les clauses qui soumettent un cocontractant à des obligations créant un déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties.</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelles voies d&rsquo;action&nbsp;?</strong></h2>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’une entreprise reçoit une facturation manifestement disproportionnée au titre de services qu’elle n’a pas commandés, plusieurs voies peuvent être envisagées conjointement&nbsp;:&nbsp;</p>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; la contestation de la facture sur le fondement des manquements contractuels de Google,&nbsp;</li></ul>



<div style="height:10px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<ul class="wp-block-list"><li>&#8211; et le dépôt d’une plainte pénale pour accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, qui permet notamment d’obtenir communication des journaux de connexion identifiant les auteurs du piratage.</li></ul>



<div style="height:11px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">La viabilité d’une telle démarche dépend des circonstances propres à chaque situation.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une analyse préalable permet d’en évaluer les fondements et les chances de succès.Nous nous ten</p>
<p><a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr/cles-api-google-services-ia-risque-faille/">Clés API Google et services d&rsquo;IA : qui supporte le risque d&rsquo;une faille que vous ignoriez ?</a>, un article à découvrir sur <a rel="nofollow" href="https://richeravocats.fr">Richer &amp; Associés Droit Public</a>.</p>
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